Le plan de bataille de la SNCF pour lutter contre les incivilités

Une sculpture de chewing-gum géant devant la gare SNCF de Marseille Saint-Charles dans le cadre de la campagne "Il n'y a pas de petites incivilités", le 20 avril 2012 [Gerard Julien / AFP/Archives] Une sculpture de chewing-gum géant devant la gare SNCF de Marseille Saint-Charles dans le cadre de la campagne "Il n'y a pas de petites incivilités", le 20 avril 2012 [Gerard Julien / AFP/Archives]

La SNCF veut prendre à bras le corps le problème des incivilités dans les trains en agissant sur la sensibilisation du public ainsi que sur la prévention et la répression des actes de malveillance qui, chaque jour, empoisonnent la vie des usagers et des cheminots.

"Ce sont des choses sérieuses et il n'est pas possible que les incivilités se développent dans les services publics. On le dit tous, il y a en a assez", a déclaré lundi le président de la SNCF, Guillaume Pepy, interrogé sur BFMTV et RMC.

Il doit évoquer ce dossier, qui coûte chaque année 35 millions d'euros à la SNCF, lors d'une conférence de presse prévue lundi après-midi gare Montparnasse, à Paris. La seule nouveauté actuellement connue est l'embauche prévue de médiateurs sociaux dans les trains les mercredi et samedi.

Ce problème "est un problème de société assez français", a ajouté Guillaume Pepy qui dit vouloir agir globalement sur ce fléau. Un engagement qui cadre avec la priorité accordée par la SNCF aux trains du quotidien, notamment en Ile-de-France.

Agressivité, sans gêne, malveillance et irrespect des autres sont la cible de la compagnie ferroviaire, pour qui les gestes les plus répréhensibles sont papiers jetés par terre, crachats, cigarette dans les trains, brutalités verbales qui ont été recensés par l'entreprise publique grâce à des enquêtes de société destinées à mieux cerner le phénomène.

Aux actions sur le terrain qu'elle met en place, comme la formation de ses agents aux situations difficiles, s'ajoute une campagne d'information dans la presse et d'affichage dans les grandes gares de France dont le slogan est "Il n'y a pas de petites incivilités".

Concrètement, la SNCF prévoit d'agir en amont, sur la propreté à bord des trains. "La prévention consiste à faire du nettoyage pendant la circulation du train parce qu'un espace bien nettoyé et un espace respectable", a expliqué Guillaume Pepy. La SNCF consacre, chaque année, 160 millions d'euros à ce poste.

"Les pieds sur la banquette c'est 45 euros"

 

Une sculpture de cigarette géante dans la gare SNCF de Marseille Saint-Charles dans le cadre de la campagne "Il n'y a pas de petites incivilités", le 20 avril 2012 [Gerard Julien / AFP/Archives]
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Une sculpture de cigarette géante dans la gare SNCF de Marseille Saint-Charles dans le cadre de la campagne "Il n'y a pas de petites incivilités", le 20 avril 2012
 

Autre levier d'action: le recrutement d'une centaine "d'emplois d'avenir", sous la forme de médiateurs sociaux et qui interviendront le samedi après-midi et le mercredi lorsque les jeunes, les groupes sont dans les trains.

Pour ces personnels, il s'agira d'engager le dialogue et de dire "non, on ne fume pas dans le train, on ne met pas les pieds sur la banquette, on ne détériore pas le matériel parce que ce matériel c'est le vôtre", a ajouté le patron dirigeant.

Dans le but d'améliorer la relation clients et la qualité de vie au travail de ses agents, la SNCF a créé en septembre une structure dédiée, dirigée par Céline Debove-Postel, directrice déléguée à la prévention et à la gestion des incivilités.

Le volet répression est lui confié aux quelque 2.700 cheminots qui appartiennent à la sûreté ferroviaire, et dont la mission est aussi de verbaliser lorsque cela est nécessaire.

"Cela fait partie de leur métier que de mettre des amendes", a expliqué M. Pepy qui a rappelé le montant de certaines d'entres elles.

"Les pieds sur la banquette c'est 45 euros, fumer alors que c'est interdit c'est 68 euros et, pire encore, tirer le signal d'alarme sans raison, ce qui est le plus grave parce que ça perturbe des milliers de voyageurs, ça coûte entre 165 et 700 euros", a-t-il souligné, sans faire de commentaire sur un éventuel renforcement de ce volet.

Interrogé sur RMC, le porte-parole de l'association des voyageurs usagers des chemins de fer (Avuc), Willy Collin a estimé que la campagne de la SNCF était une bonne idée tout en attribuant une partie des incivilités au stress des usagers dû aux retards et à la saturation des trains.

 

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