Peillon dévoile sa stratégie pour le numérique à l'école

Vincent Peillon le 4 décembre 2012 à l'Assemblée nationale à Paris [Bertrand Guay / AFP/Archives] Vincent Peillon le 4 décembre 2012 à l'Assemblée nationale à Paris [Bertrand Guay / AFP/Archives]

Le ministre de l'Education Vincent Peillon dévoile jeudi sa stratégie pour le numérique à l'école, partie intégrante de la future loi, car malgré les plans successifs, la France est en retard sur l'équipement et les usages dans les établissements.

Il faut "favoriser le raccordement des établissements au très haut débit, faciliter l'équipement (tableaux interactifs, tablettes, manuels numériques...). Mais aussi former les enseignants et développer des services nouveaux pour les élèves, les enseignants et les parents", a souligné le ministre dans un entretien au Nouvel observateur.

"Il y a un décalage croissant entre la place du numérique dans la vie des jeunes et dans l'éducation", souligne François Bonneau, vice-président de l'Association des régions de France (ARF).

Le projet de loi sur l'école, qui sera examiné vendredi au Conseil supérieur de l'éducation (CSE), prévoit la création d'un Service public de l'enseignement numérique et de l'enseignement à distance, pour prolonger les enseignements, communiquer avec les familles, offrir des ressources pédagogiques aux enseignants ou permettre d'instruire à distance des élèves handicapés.

Plus de 30.000 élèves de 6ème scolarisés en éducation prioritaire se verront proposer "une offre numérique de soutien scolaire" à la rentrée 2013, a annoncé le ministre.

Plus généralement, les élèves seront sensibilisés aux droits et aux devoirs induits par le numérique, comme le respect de la vie privée et la propriété intellectuelle.

Le gouvernement veut aussi élargir l'"exception pédagogique" pour l'utilisation d'extraits d'oeuvres dans l'enseignement, mettre en place un "réseau social" d'échange et de mutualisation pour les enseignants et encourager "une filière d'édition numérique pédagogique française".

"Une partie non négligeable du projet de loi concerne le numérique, ce n'est pas deux paragraphes", se réjouit Stéphanie de Vanssay, spécialiste des nouvelles technologies au syndicat enseignant SE-Unsa.

Freins

 

"Autre avancée énorme", le mot numérique n'est pas mentionné sous l'angle des risques induits, comme auparavant. "Il y a aussi une clarification sur la maintenance du matériel", confiée aux collectivités locales.

En revanche, pas un mot sur l'interdiction en vigueur des portables dans les écoles et les collèges, frein à l'éducation avec le numérique, ni sur les filtrages.

"Qu'il y ait quelques filtres anti-pornographie, bien sûr", relève Mme de Vanssay, mais aujourd'hui les élèves n'ont pas accès à grand-chose, or "internet, par nature, échappe au contrôle. Si on veut que nos élèves soient de citoyens à même d'utiliser internet, il faut bien les y éduquer".

Principaux freins à l'usage du numérique à l'école: les peurs des parents, des profs et de la hiérarchie, estime-t-elle.

Le numérique "ouvre des champs de possibles extraordinaires, l'école s'ouvre au monde", relève Eric Fourcaud, chef du projet de Ludovia, université d'été sur la e-éducation. Toutefois, "aucune étude ne montre qu'avec le numérique on obtient de meilleurs résultats".

Ghislaine de Chambine, directrice du salon Educatec-Educatice, pointe "un problème de ressources, un vrai manque de livres scolaires numérisés. "Il y a une attente des élèves, c'est plus ludique d'apprendre avec le numérique qu'avec un tableau noir et une craie, et une attente des constructeurs", qui multiplient les produits, précise-t-elle.

Pour enseigner avec le numérique, pas besoin d'équiper tous les élèves avec le même matériel, qui coûte cher et devient obsolète en trois-quatre ans, estime Mme de Vanssay. "Si dans une classe on pouvait avoir, un ordinateur, une tablette, un smartphone, un netbook connectés à internet, même pour 30 élèves, c'est déjà super".

Le budget 2013 prévoit 10 millions d'euros pour le numérique à l'école.

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