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Les retraités vont voir leur pouvoir d'achat baisser pendant trois ans

Une personne arrive au siège social des organismes de retraite complémentaire Agirc et Arrco, le 16 ocotbre 2012 à Paris [Kenzo Tribouillard / AFP/Archives]

Les partenaires sociaux sont parvenus à un protocole d'accord pour renflouer les caisses des régimes de retraite complémentaire. Il entérine surtout une baisse programmée du pouvoir d'achat de 11 millions de retraités.

Si l'accord doit encore être formellement approuvé par au moins trois syndicats, l'issue des négociations entre syndicats et patronat n'a rien de réjouissante pour le portefeuille des retraités... et des salariés du privé.

Car les régimes de retraite complémentaire qui complètent les pensions de base des salariés du privé pèsent lourd sur les revenus des retraités. Les pensions complémentaires représentent grosso-modo un tiers de la retraite totale des salariés et deux tiers de celle des cadres.

Or, selon l'accord, le montant des pensions complémentaires de retraites ne sera plus indexé sur l'inflation, mais un point en deçà de celle-ci. C'est cela qui change tout.

Avant, les retraités voyaient le montant de leur retraite complémentaire réévaluée au minimum du niveau de l'inflation. C'était la garantie de maintenir leur pouvoir d'achat puisque la hausse de leur pensions accompagnait la hausse des prix avec de temps à autres de petits coups de pouce.

 

Une perte de pouvoir d'achat programmée sur trois ans

A partir du 1er avril, les pensions de retraites seront déconnectées de l'évolution des prix. Pour les salariées (Arrco) elles n'augmenteront que de 0,8% au 1er avril et pour les cadres (Arrco) encore moins, 0,5%. Dans le même temps, la hausse des prix prévue sera de 1,75%. Il s'agit donc d'une perte de pouvoir d'achat.

Et ce n'est pas tout. La même mesure sera appliquée en 2014 et 2015, la hausse des pensions des deux régimes sera inférieure d'un point à l'inflation. Avec ces trois années à se serrer la ceinture, les retraités contribueront ainsi pour 2,3 milliards d'euros au redressement des comptes dont le déficit sera de 8,6 milliards d'euros en 2017.

 

Les salariés aussi

Les retraités ne seront pas les seuls à contribuer au redressement des régimes complémentaires. Les salariés aussi. Les cotisations acquittées par les 18 millions d'actifs du privé et les entreprises augmenteront via le taux "contractuel" (ouvrant des droits à la retraite), de 0,1 point en 2014 et à nouveau de 0,1 point en 2015.

Sachant que les cotisations sont payées à 60% par l'employeur et 40% par l'employé, cette augmentation visible sur les fiches de paies permettrait de trouver un nouveau milliard pour combler le déficit. 

 

Un nouveau round d'austérité en préparation ?

Le déficit n'étant pas intégralement comblé par ces mesures, les partenaires sociaux ont mis en place plusieurs groupes de travail pour réfléchir à de nouvelles économies possible. L'un d'entre eux va se pencher sur le sort des pensions de réversions, ces retraites versées aux veuves ou veufs d'ayant droit à la retraite. Les partenaires sociaux n'excluent pas de les proratisées selon la durée de mariage.

Mais l'heure de vérité aura probablement lieu dans quelques mois avec la nouvelle réforme des régimes de retraites, de base, cette-fois-ci. L'augmentation de l'âge de départ à la retraite fait partie des pistes. Si elle est retenue, les partenaires sociaux qui gèrent paritairement les régimes complémentaires se remettront probablement à négocier. Et trouveront probablement les 5 milliards manquants pour combler le déficit.

 

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