Doit-on craindre le Coronavirus ?

Marisol Touraine, ministre de la Santé, le 10 décembre 2012 [Bertrand Guay / AFP/Archives]

Le nouveau coronavirus (NCoV) se transmet d’homme à homme. Un deuxième cas a été confirmé dans la nuit de samedi à dimanche.

C’est un patient qui a partagé, à l’hôpital de Valenciennes (Nord), la chambre du premier porteur du virus dont le cas avait été confirmé la semaine dernière.

Si l’état de ce dernier s’est stabilisé, la santé du nouveau contaminé s’est dégradée hier matin, obligeant les autorités sanitaires à le placer en réanimation.

«Les pouvoirs publics sont pleinement mobilisés. Il ne s’agit pas d’alarmer ou de susciter de l’inquiétude mais d’informer pour rassurer», a expliqué hier la ministre de la Santé, Marisol Touraine.

Elle a rappelé qu’un numéro vert (08 00 13 00 00) a été activé pour «que les Français trouvent des réponses à leurs questions».

               

Qu’est-ce que ce le coronavirus ?

Un coronavirus est un virus issu d’une famille découverte dans les années 1960.

Son nom vient de l’apparence de couronne que prennent des prolongements à sa surface provoquant des infections respiratoires d’une gravité variable selon les souches.

Elles vont du rhume à des complications respiratoires aiguës comme celles touchant les patients nordistes.

On parle d’un nouveau coronavirus (NCoV) parce que la souche rencontrée n’avait encore jamais été détectée chez un être humain.

 

D’où vient-il ?

Si «on ne connaît pas l’origine du virus», comme l’a rappelé hier Marisol Touraine, plusieurs indices sont connus.

Les premiers cas ont été rencontrés il y a un an chez des personnes ayant séjourné dans la péninsule arabique ; c’est en Arabie Saoudite que le nombre de cas confirmés (une vingtaine) est le plus grand. Deux personnes y sont décédées durant le week-end.

Les examens menés par la suite ont mis en évidence les premières infections en Jordanie, quelques semaines plus tôt.

Quant à l’origine véritable, elle est animale ; la chauve-souris est le principal suspect, selon l’Institut de veille sanitaire (InVS). Mais le virus a pu arriver jusqu’à l’homme via un autre animal.

 

Quels sont les symptômes ?

Les premiers signes apparaissent moins de 24 heures après la contamination : fièvre, toux, gêne respiratoire… Ce qui doit conduire les individus à consulter leur médecin s’ils présentent ces symptômes au retour d’un séjour dans la péninsule arabique.

Les personnes dont les cas ont été confirmés souffrent pour leur part de graves infections des poumons qui peuvent nécessiter une assistance respiratoire.

Des complications proches de celles rencontrées lors de l’épidémie mondiale de Sras qui a coûté la vie à 800 personnes en 2003.

«Le virus appartient à la même famille mais ce n’est pas le même virus», précise Arnaud Fontanet, de l’Institut Pasteur. Signe que l’ampleur n’est pas la même, aucune restriction de déplacement n’a été émise pour l’heure.

 

Comment se transmet-il ?

La transmission d’homme à homme est rare mais possible. C’est la conclusion de la contamination d’une deuxième personne qui a été confirmée hier ; celle-ci a été touchée après un contact «rapproché et prolongé avec la première victime, sans doute par voie respiratoire».

Mais sur la centaine de personnes identifiées comme ayant été en contact avec la première victime, aucun autre cas n’a pour l’heure été confirmé.

Autre constat qui permet de parler d’une faible contagion, en plus d’un an, moins de 50 personnes ont été contaminées. On est très loin du Sras qui a touché 8 000 personnes dans 35 pays en quelques mois, ou des virus grippaux qui touchent chaque année en France des millions de personnes.

 

Comment peut-on le traiter ?

Il n’y a aujourd’hui ni vaccin pour se prémunir, ni moyen de détruire le virus. Les seuls traitements permettent la prise en charge des symptômes.

Cela explique la dangerosité du NCoV qui présente un taux de mortalité très important. Sur les 35 cas recensés, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en a déjà comptabilisé une vingtaine.

Pour les spécialistes, impossible de prédire la suite. «Ce que nous savons sur le nouveau coronavirus pourrait ne pas s’appliquer demain car cet épisode évolue rapidement», a expliqué vendredi un porte-parole de l’OMS.

Des précautions sont donc prises : les patients atteints sont placés à l’isolement et les personnes qui ont pu être en contact avec eux sont invitées à utiliser un masque si elles présentent des symptômes. 

 

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