Fin de la grève à l'usine PSA d'Aulnay

Des grévistes, en février 2013, devant l'usine PSA Peugeot Citroën d'Aulnay-sous-Bois [Pierre Verdy / AFP/Archives] Des grévistes, en février 2013, devant l'usine PSA Peugeot Citroën d'Aulnay-sous-Bois [Pierre Verdy / AFP/Archives]

La direction de PSA Peugeot Citroën et la CGT ont signé vendredi un accord mettant un terme à quatre mois de grève à l'usine d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), ont annoncé le groupe automobile et le syndicat dans des communiqués distincts.

Cette grève dure, émaillée d'incidents et qui a paralysé la production de l'usine, avait démarré le 16 janvier à l'appel de la CGT, suivie par la CFDT de l'usine et par SUD, qui avait depuis quitté le mouvement.

"Ce conflit concernait environ 130 personnes sur les 2.500 salariés du site", a rappelé la direction, selon laquelle l'usine avait perdu 14.000 Citroën C3 sur les trois premiers mois du mouvement.

La CGT a affirmé pour sa part que l'accord concerne 200 grévistes.

"Les salariés de PSA Aulnay (...) ont voté en assemblée générale la suspension de la grève", a indiqué de son côté la CGT, qui estime avoir "tenu en échec PSA", dans un communiqué.

Le travail doit reprendre dès mardi matin, a indiqué à l'AFP le secrétaire général de la CGT de l'usine, Philippe Julien. "Mais de 07H00 à 09H00, on va manifester dans l'usine", a-t-il expliqué, affirmant qu'il y avait eu "une résistance globale de l'usine et des salariés au plan social, bien au-delà des grévistes", ces quatre derniers mois.

"Si la direction avait été plus intelligente, elle aurait cédé avant. Ça lui a coûté 30.000 véhicules non fabriqués", a-t-il affirmé. Mais "on n'a pas réussi à empêcher la fermeture, il aurait fallu un mouvement plus large", a-t-il concédé.

"Il aurait fallu aussi que le gouvernement ne se mette pas complètement du côté de la direction", a-t-il ajouté, critiquant le silence du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg. "On a eu à se battre à la fois contre le patron et contre le gouvernement!".

La CGT et la direction expliquent que quatre salariés licenciés -- certains pour leur comportement violent durant la grève -- bénéficieront des mesures de reclassement externe prévues par le plan social.

Tout comme quelque 130 grévistes auxquels "une indemnité forfaitaire supplémentaire" est réservée s'ils quittent l'usine avant le 31 mai.

Selon M. Julien, environ 70 autres grévistes devraient recevoir des garanties écrites sur une mutation en interne.

Toutes les procédures disciplinaires et judiciaires engagées par la direction contre des grévistes sont par ailleurs abandonnées, selon la CGT. De son côté, le syndicat a accepté de renoncer à ses recours en justice contre le plan de restructuration, selon la direction.

L'usine ne tourne actuellement que le matin, faisant appel à l'une de ses deux équipes une semaine sur deux. Le passage à une seule équipe est envisagé avant l'été.

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