Disparition de Fiona : l'enquête se poursuit tous azimuts

La mère de Fiona, la fillette disparue le 12 mai à Clermont Ferrand, participe à une reconstitution, le 17 mai 2013 [Thierry Zoccolan / AFP] La mère de Fiona, la fillette disparue le 12 mai à Clermont Ferrand, participe à une reconstitution, le 17 mai 2013 [Thierry Zoccolan / AFP]

Huit jours après la mystérieuse disparition de la petite Fiona, cinq ans, dans un parc de Clermont-Ferrand, l'enquête se poursuit tous azimuts tandis que les deux parents, séparés, se sont chacun portés parties civiles.

Après la mère, Cécile Bourgeon, 25 ans, qui s'est constituée partie civile mercredi, le père, Nicolas Chafoulais, a fait la même démarche pour avoir accès au dossier, comme le révèle l'hebdomadaire Le Point.

Si ce dernier est resté très discret - seuls quelques uns de ses proches ayant distribué des tracts dans la ville - la mère en revanche a accepté de parler aux médias. Très éprouvée - elle est enceinte de six mois et mère d'une autre petite fille, Eva, 2 ans - Cécile Bourgeon a lancé, jeudi sur le parvis du Palais de Justice, "un appel au secours à tout le monde, à tous les Clermontois, à tous ceux qui peuvent nous aider".

 

"Honte et culpabilité"

Parce que elle s'était assoupie une vingtaine de minutes dimanche dans ce parc très fréquenté, et qu'à son réveil sa fille Fiona avait disparu, elle avoue ressentir "de la culpabilité et de la honte", dans une interview publiée dimanche dans Le Parisien. "Comment ne pas s'en vouloir", s'interroge la jeune femme, "pour moi, c'est compliqué".

"Je ne sais absolument pas ce qui a pu se passer", reconnaît-elle dans cette interview, "je pense à tout et n'importe quoi". "C'est vraiment dur, très dur", ajoute-t-elle, "j'ai l'impression que si je regarde par la fenêtre, je vais l'apercevoir en train de courir".

Alors qu'une procédure "alerte-enlèvement" n'a pu être activée en l'absence de témoignage concret, une information judiciaire a été ouverte dès mardi pour "enlèvement et séquestration".

Et un appel national à témoins a été lancé jeudi, avec l'ouverture d'un numéro vert 0800 958 081 pour recueillir tout indice susceptible d'aider l'enquête.

Des volontaires distribuent des avis de recherche pour Fiona, la fillette qui a disparu le 12 mai 2013 à Clermont Ferrand [Thierry Zoccolan / AFP]
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Des volontaires distribuent des avis de recherche pour Fiona, la fillette qui a disparu le 12 mai 2013 à Clermont Ferrand
 

L'entourage entendu

Après avoir passé à plusieurs reprises le parc au peigne fin, sans succès, les enquêteurs se sont penchés sur une première piste, un témoin assurant avoir vue Fiona en compagnie d'un homme âgé à Villeurbanne (Rhône). Mais elle a rapidement fait long feu.

Sans exclure les autres pistes, ils s'intéressent désormais à l'entourage de la mère et du père de Fiona.

"Il n'y a pas de raison de mettre en cause la parole de la mère", a assuré mardi le procureur de la République, Pierre Sennès, au cours d'une conférence de presse.

 

La piste de l'ex-compagnon

Samedi, le quotidien La Montagne, révélait que les enquêteurs étaient sur la piste d'un ancien ami de la mère, un Algérien de 34 ans, contre lequel elle avait porté plainte, en mai 2012, pour "viol et séquestration".

Il aurait menacé d'enlever la fillette si elle portait plainte contre lui. Un mandat d'arrêt international avait été lancé à l'époque contre cet homme, qui pourrait être en Algérie, et qui reste à ce jour introuvable.

Le nouveau compagnon de la mère, père de l'enfant qu'elle porte, a lui aussi été entendu. Mais Cécile Bourgeon assure qu'ils ont "une relation fusionnelle" et que "son soutien compte beaucoup". Dans Le Parisien, elle ajoute "en fait, on ne pourrait pas avancer l'un sans l'autre. Quand il y en a un qui flanche, l'autre est là pour le rattraper".

Le procureur a organisé vendredi une première reconstitution dans le parc en présence de Cécile Bourgeon, de son avocat et des deux juges d'instruction en charge du dossier.

La mère de Fiona a ainsi retracé ce qu'elle avait fait après avoir constaté la disparition de sa fille en se réveillant de sa sieste. Une démarche jugée "totalement indispensable" par son avocat, Me Gilles-Jean Portejoie.

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