Anglais à l'université : Fioraso dénonce "une formidable hypocrisie"

La ministre de l'Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, le 2 avril 2013 à l'Assemblée nationale à Paris [Pierre Verdy / AFP/Archives] La ministre de l'Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, le 2 avril 2013 à l'Assemblée nationale à Paris [Pierre Verdy / AFP/Archives]

La ministre de l'Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, a estimé mardi que le débat sur les cours en langues étrangères à l'université relevait d'une "formidable hypocrisie", expliquant vouloir mettre fin à "une inégalité de fait" entre grandes écoles et universités.

L'article 2 du projet de loi Fioraso, dont l'examen commence mercredi à l'Assemblée, a soulevé une vague de protestations. Plusieurs syndicats ont appelé à une grève et à des manifestations ce jour-là pour exiger que le gouvernement renonce à ce qu'une partie des enseignements effectués dans le cadre d'accords avec des universités étrangères ou de programmes financés par l'Union européenne soit dispensée en langues étrangères, notamment en anglais.

"Il y a une formidable hypocrisie puisque depuis quinze ans, dans les (grandes) écoles, on contrevient à la loi Toubon sans que personne ne trouve à y redire", a rappelé la ministre, interrogée sur Canal+.

La loi Toubon de 1994 stipule que la langue de l'enseignement est le français, mais prévoit des exceptions.

"Je veux que les étudiants réussissent à l'université, qu'ils aient les mêmes atouts que dans les (grandes) écoles où il y a des formations partiellement en anglais sans que personne n'y trouve rien à y redire", a-t-elle ajouté.

Pour la ministre, il s'agit de mettre fin à "une inégalité de fait" et de mettre "la loi en harmonie avec les besoins du pays". "C'est une disposition demandée par les établissements, faisons confiance aux établissements eux-mêmes", a-t-elle insisté.

Geneviève Fioraso a pointé le "risque de repli sur soi". "La francophonie, c'est l'inverse du repli sur soi", a-t-elle défendu. "C'est en faisant venir les étudiants des pays émergents qu'on les acculturera à nos valeurs."

La ministre a reçu le soutien de son collègue de l'Education, Vincent Peillon, qui s'est dit mardi matin "totalement" favorable au projet de loi.

"C'est l'inverse" de la mort de la francophonie, a affirmé Vincent Peillon, interrogé sur France 2. "C'est la différence entre les patriotes et les nationalistes : les nationalistes ont toujours abdiqué, ils pensent que la France est grande quand elle se replie sur elle-même (...) Le patriotisme, c'est une France sûre d'elle-même", a-t-il argué.

"Il faut que la France attire l'intelligence partout dans le monde et que nous diffusions notre français partout dans le monde", a-t-il ajouté.

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