Le Sénat s'attaque à son tour à la refondation de l'école

Le ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, le 15 mai 2013 à Paris [Bertrand Guay / AFP/Archives] Le ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, le 15 mai 2013 à Paris [Bertrand Guay / AFP/Archives]

Le Sénat s'attaque mardi au projet de loi pour la refondation de l'école, déjà adopté par l'Assemblée, qui comprend notamment la programmation de 60.000 postes sur cinq ans promise par François Hollande durant sa campagne présidentielle.

A l'Assemblée, le projet de loi, défendu par le ministre de l'éducation Vincent Peillon, avait recueilli les suffrages des socialistes, des écologistes et des radicaux de gauche, les députés du Front de gauche s'abstenant. Les élus de l'UMP et de l'UDI ont voté contre.

Le PS n'ayant pas la majorité à lui seul au Sénat, le résultat du scrutin y dépendra des autres groupes de gauche, surtout du groupe Communiste, républicain et citoyen (CRC).

Au-delà de la programmation de 60.000 postes en cinq ans dans l'Education nationale, le projet de loi prévoit le rétablissement d'une formation des enseignants dès la rentrée 2013 avec les Ecoles supérieures du professorat et de l'éducation (ESPE), et donne la priorité au primaire avec notamment un renforcement de la scolarisation des moins de trois ans et le dispositif "Plus de maîtres que de classes".

Avant sa présentation en séance, la commission du Sénat a réécrit l'article 7 du texte, qui concerne le socle commun de connaissances mis en place par la loi Fillon de 2005, pour tenir compte d'un amendement CRC, a indiqué la rapporteure, Françoise Cartron (PS). Affirmant qu'il "doit permettre la poursuite d'études, la construction d'un avenir personnel et professionnel et de préparer à l'exercice de la citoyenneté", cette modification "donne une ambition" à cet article, a souligné pour sa part la présidente de la commission Marie-Christine Blandin (écologiste).

Estimant que "le projet de loi initial et le texte issu de l'Assemblée nationale ne sont pas a la hauteur de l'ambition annoncée et par bien des aspects prolongent la politique mise en oeuvre par la droite", Brigitte Gonthier-Maurin (CRC) s'est félicitée de cette modification qui précise que "tous les enfants partagent la capacité d'apprendre et de progresser".

Elle a aussi cité d'autres "avancées": adoption d'un amendement "pour privilégier une coopération Etat-région plutôt qu'une mainmise de la région" sur les formations professionnelles initiales, ou inscription dans la loi que les ESPE "assurent les actions de formation initiale des étudiants au professorat et de l'éducation".

Mais "ces premières avancées devront être confirmées" en séance, a prévenu la sénatrice des Hauts de Seine, précisant que son groupe demandera aussi, entre autres, l'allongement de la scolarité obligatoire, de 3 a 18 ans (contre 6 à 16 ans actuellement).

La commission a par ailleurs adopté deux amendements renforçant la place des parents dans l'école.

Elle a aussi élargi au second degré la possibilité de recourir aux langues régionales. En ce qui concerne la carte scolaire, elle préconise qu'un même secteur de recrutement puisse être partagé par plusieurs collèges.

Auteur d'un "projet alternatif de refondation de l'école", le sénateur UMP Jean-Claude Carle a annoncé qu'il ne voterait pas le projet de loi, "sauf si on prend en compte (ses) amendements".

Il reproche notamment à Vincent Peillon de ne pas intégrer la grande section de maternelle au primaire avec l'obligation de la scolarité à partir de 5 ans, comme le prévoit la réforme Jospin de 1990. Il demande aussi l'interdiction du redoublement du CP, avec à la place la mise en place de cours de pré-rentrée pour les élèves en difficulté. Il souhaite affecter les enseignants les plus efficaces dans les établissements les plus défavorisés. Enfin il veut donner la priorité à l'apprentissage des fondamentaux, en premier lieu à la lecture. "Quel bénéfice peut tirer un gamin de l'enseignement de la morale laïque, si d'un autre côté il ne sait pas lire?", a-t-il demandé.

Pour leur part, Catherine Morin-Desailly et Françoise Férat (UDI-UC), ont dénoncé "le caractère incantatoire et verbeux" du texte.

"Pas un mot sur la lutte contre l'illettrisme", a ainsi reproché Mme Férat tandis que pour Mme Morin-Desailly le sport, "négligé, est traité dans les annexes".

Leur groupe défendra des amendements orientés autour de quatre axes, notamment la défense des principes fondamentaux de l'école et l'amélioration de son organisation, ont-elles précisé.

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