Perpignan : le maire interdit le spectacle de Dieudonné

L'humoriste Dieudonné lors d'un de ses spéctacles a théâtre de la "Main d'Or", à Paris, le 15 janvier 2012 [Patrick Kovarik / AFP/Archives] L'humoriste Dieudonné lors d'un de ses spéctacles a théâtre de la "Main d'Or", à Paris, le 15 janvier 2012 [Patrick Kovarik / AFP/Archives]

Le maire de Perpignan Jean-Marc Pujol (UMP) a pris un arrêté pour interdire le spectacle de l'humoriste Dieudonné prévu dans sa ville le 31 mai, au motif qu'il constitue selon lui une menace sérieuse de trouble à l'ordre public.

Cet arrêté "est motivé par les propos négationnistes, racistes, antisémites de M. Dieudonné, largement renouvelés", a déclaré mardi M. Pujol, interrogé au téléphone par l'AFP.

"Tout ce qui est de nature à créer la division entre les Perpignanais est quelque chose qui m'inquiète", a ajouté le maire, rappelant les violences de mai 2005 dans sa ville sur fond de conflit entre communautés gitane et maghrébine.

L'avocat de Dieudonné, Jacques Verdier, a déposé une requête en référé-liberté devant le tribunal administratif de Montpellier pour obtenir la suspension de cet arrêté qui lui a été notifié le 17 mai.

Le tribunal devrait se prononcer mercredi sur cette requête, a précisé l'avocat à l'AFP.

Dieudonné doit donner le 31 mai à Perpignan la dernière représentation de son spectacle intitulé "Foxtrot", en tournée depuis février.

Le maire de Perpignan n'est pas le premier à s'émouvoir du passage dans sa ville de Dieudonné: sollicitée pour avis par le maire de Bordeaux Alain Juppé, la préfecture de Gironde avait estimé mi-mars que son spectacle ne représentait pas de risque sérieux de trouble à l'ordre public.

Un mois plus tôt, le sénateur-maire PS de Saint-Étienne Maurice Vincent avait lui aussi demandé l'annulation du spectacle de Dieudonné sans toutefois prendre d'arrêté municipal.

Le spectacle s'était finalement tenu aussi bien à Bordeaux qu'à Saint-Etienne.

Humoriste controversé, Dieudonné M'Bala M'Bala a notamment été condamné en novembre 2012 à 20.000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Paris, pour diffamation, injure et provocation à la haine et à la discrimination pour des propos et une chanson dans deux vidéos diffusées sur internet.

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