PSA veut vendre son site de Meudon

Une usine PSA à Mulhouse [Sebastien Bozon / AFP/Archives] Une usine PSA à Mulhouse [Sebastien Bozon / AFP/Archives]

Le constructeur automobile PSA Peugeot-Citroën, qui vient de boucler un vaste plan de restructuration, examinait mercredi un projet de vente du site de conception et d'ingénierie de Meudon-la-Forêt (Hautes-de-Seine), dont les 660 salariés seront transférés sur d'autres sites, essentiellement en région parisienne.

Ce projet, examiné à l'occasion d'un comité central d'entreprise (CCE), concerne majoritairement des cadres, et n'implique aucune suppression d'emploi, ont assuré un porte-parole de la direction et les syndicats.

Il s'agit, selon un porte-parole de la direction, d'une "relocalisation sur d'autres sites, essentiellement en région parisienne, pour rationaliser les implantations géographiques du groupe dans la région".

"D'un point de vue social, il n'y a pas vraiment de soucis" sur ce projet, a estimé Frank Don, délégué CFTC. En revanche, a-t-il déclaré à l'AFP, "ce qui est inquiétant, c'est qu'on n'a pas de vision claire de la stratégie du groupe".

Les salariés concernés devraient être pour l'essentiel affectés au site de Vélizy (Yvelines), proche de Meudon, ont confirmé les syndicats CFTC, FO et CFE-CGC, qui fait partie du même établissement. L'établissement de Vélizy-Meudon comprend en effet trois sites géographiques, Vélizy A, Vélizy B et Meudon, dotés tous les trois d'un même comité d'entreprise.

D'autres activités devraient être redéployées à Poissy (Yvelines). Vingt et une personnes pourraient soit être affectées au site de Vesoul (Haute-Saône), soit changer d'activité.

Christian Lafaye, délégué FO dchez PSA, pose le 17 juillet 2012 [Eric Piermont / AFP/Archives]
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Christian Lafaye, délégué FO dchez PSA, pose le 17 juillet 2012

"Une proposition croustillante"

"Pour 95% des gens déplacés, ça leur convient", a affirmé pour sa part Christian Lafaye, délégué FO. Selon lui, "la partie noire, ce sont les 21" qui devront soit partir à Vesoul soit faire l'objet d'un reclassement interne en région parisienne.

Pour le délégué FO, l'examen de ce projet de vente n'avait pas sa place dans un CCE ordinaire". "C'est un peu un passage en force", a-t-il jugé, ajoutant toutefois: "Apparemment, il y a une opportunité de repreneur d'immobilier qui se présente bien". "Cela permet de renflouer les caisses et d'éclaircir la vision sur les dépenses en mutualisant un peu plus l'établissement de Vélizy", a-t-il estimé.

Selon la CFE-CGC, "on supprime un bâtiment dans un ensemble de locaux parce qu'on a trop de mètres carrés". Mais, précise sa déléguée Anne Valleron, il y a apparemment "une proposition croustillante et intéressante en termes de prix".

PSA Peugeot Citroën devrait, en effet, vendre les locaux de Meudon. Un document interne fait état de la nécessaire "rationalisation du taux d'occupation des sites". Le produit de la vente devrait être supérieur au coût de réimplantation des équipes dans les différents établissements d'accueil.

Le calendrier envisagé prévoit en mai et juin la finalisation du projet et l'accompagnement individuel des salariés (information, primes de mobilité et d'installation...). L'organisation des transferts se déroulerait d'ici au 2e trimestre 2014.

Sur les 660 salariés du site de Meudon, on compte 342 cadres, 263 techniciens agents de maîtrise et 55 ouvriers, précise un document interne.

Selon la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, "il y a poursuite d'activité, c'est un simple déménagement, et le comité central d'entreprise a été informé".

La porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem à Paris [Pierre Verdy / AFP/Archives]
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La porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem à Paris

"Qu'il y ait des inquiétudes qui s'expriment, c'est bien naturel", a admis Mme Vallaud-Belkacem. "Ce que le gouvernement a défendu sans relâche, c'est qu'aucun salarié ne passe par la case Pôle emploi", a rappelé la porte-parole, ajoutant que "de ce côté-là, nous avons obtenu un certain nombre de résultats".

Le président du conseil général des Hauts-de-Seine Patrick Devedjian (UMP) a dit "regretter" cette décision, "car c'est de l'emploi dans le département". "Mais en même temps, je peux comprendre que PSA, confronté à une concurrence internationale très dure, recherche une meilleure compétitivité", a-t-il dit sur LCI.

PSA Peugeot Citroën est engagé dans un vaste plan de restructuration qui, entre mai 2012 et mai 2014, verra la suppression de plus de 11.200 emplois dans le groupe, notamment avec la fermeture de l'usine d'Aulnay (Seine-Saint-Denis) en 2014.

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