Rachat du Printemps : les syndicats saisissent la justice

La façade du Printemps Haussmann à Paris [Jacques Demarthon / AFP/Archives] La façade du Printemps Haussmann à Paris [Jacques Demarthon / AFP/Archives]

Les syndicats du Printemps, magasin symbole du luxe à la française en cours de rachat par des investisseurs qataris, ont demandé à la justice française de mener une enquête sur des "montages financiers" "opaques" ayant marqué, selon eux, la vente du groupe.

"Nous avons saisi le procureur de la République parce que nous avons découvert que les multiples montages financiers de la vente prévoient un commissionnement exorbitant et des intermédiaires qui touchent des sommes tout aussi exorbitantes", a déclaré à l'AFP Bernard Demarcq, porte-parole de l'intersyndicale.

"Tout cela est très opaque pour nous. Il faut enquêter sur des soupçons de corruption privée, d'abus de confiance, d'opération de blanchiment et de fraude fiscale", a-t-il ajouté. La demande a été faite mardi.

Selon des documents reçus par l'AFP, un groupe d'investisseurs qataris doit racheter, via Disa, une société d'investissements luxembourgeoise, les participations à la fois de la Deutsche Bank, qui souhaitait céder ses 70% du Printemps, et de la société italienne Borletti, détentrice des 30% restants.

Le montant de cette opération, qui devrait se conclure d'ici à l'été, n'est pas spécifié. Selon le site d'information Mediapart, le montant de la cession du Printemps atteindrait 1,6 milliard d'euros.

Le Printemps dispose de 16 magasins en France, dont son vaisseau amiral sur les Grands Boulevards parisiens. 3.400 personnes travaillent dans ces magasins.

Ce rachat marque un nouveau pas d'importance dans la stratégie d'investissements du Qatar dans l'Hexagone, qui accueille environ 10% des investissements de l'émirat à l'étranger.

Le Qatar a déjà investi dans plusieurs hôtels de luxe français, possède des participations dans de nombreuses grandes entreprises françaises et détient l'emblématique club de football de la capitale, Paris Saint-Germain (PSG).

Ces prises de participation tous azimuts ont suscité des critiques en France.

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