Cannes retient son souffle en attendant un palmarès osé

Steven Spielberg et sa femme l'actrice Kate Capshaw le 25 mai 2013 à Cannes [Valery Hache / AFP] Steven Spielberg et sa femme l'actrice Kate Capshaw le 25 mai 2013 à Cannes [Valery Hache / AFP]

Une histoire d'amour lesbien, un voyage dans le New York folk des années 60, une réflexion sur la paternité ou une vision sombre de la Chine: la Croisette devra patienter jusqu'en soirée pour découvrir le palmarès du 66e Festival de Cannes, et spécule en attendant.

"La vie d'Adèle" du Français Abdellatif Kechiche, "Inside Llewyn Davis" des Américains Joel et Ethan Coen, "Tel père, tel fils" du Japonais Hirokazu Kore-Eda ou "A touch of sin" du Chinois Jia Zhangke tenaient toujours la corde au gré des pronostics des critiques français ou internationaux.

Si les frères Coen obtenaient la Palme d'or, ils rejoindraient le club fermé des 6 réalisateurs l'ayant reçu deux fois.

Mais d'autres longs métrages sont en embuscade comme "La grande bellezza" de l'Italien Paolo Sorrentino, "Nebraska" de l'Américain Alexander Payne ou encore "Le Passé" de l'Iranien Asghar Farhadi.

Lea Seydoux et Adele Exarchopoulos le 23 mai 2013 à Cannes [Valery Hache / AFP/Archives]
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Lea Seydoux et Adele Exarchopoulos le 23 mai 2013 à Cannes
 

Les paris sont ouverts pour savoir si Cannes, dont le jury est présidé par le roi d'Hollywood, Steven Spielberg, donnera pour la première fois la récompense suprême à un film ouvertement homosexuel.

A moins qu'il ne préfère décerner un prix d'interprétation pour Adèle Exarchopoulos, véritable révélation du festival, et Léa Seydoux, resplendissantes dans "La vie d'Adèle" ou au couple flamboyant de "Ma vie avec Liberace", Michael Douglas et Matt Damon.

D'éventuelles récompenses pour ces deux films interviendraient le jour d'une nouvelle manifestation à Paris organisée dimanche par les opposants au mariage gay, fraîchement autorisé en France.

Chez les acteurs, on surveillait aussi l'Italien Toni Servillo ("La grande bellezza"), l'Américain Oscar Isaac ("Inside Llewyn Davis"), ou encore son compatriote Bruce Dern ("Nebraska"). A moins que le Français Mathieu Amalric, en lice dans deux films",Jimmy P." et "La Vénus à la fourrure", ne rafle la mise.

Chez les femmes, d'autres Françaises ont séduit la Croisette : Marion Cotillard ("The immigrant") ou encore Bérénice Béjo dans "Le Passé".

Toni Servillo le 21 mai 2013 à Cannes [Alberto Pizzoli / AFP/Archives]
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Toni Servillo le 21 mai 2013 à Cannes
 

Sous le soleil radieux de la Croisette dimanche, les derniers pronostics allaient bon train, tricotés ou détricotés au regard du règlement. Un film "palmé" ne peut recevoir un autre prix. Si "La vie d'Adèle" décrochait un prix d'interprétation pour l'une ou l'autre des actrices voire les deux, le film de Kechiche ne pourrait obtenir la Palme d'or.

Jury en conclave

Le jury pour sa part est entré en conclave dimanche matin, le président du Festival, Gilles Jacob, twittant une photo de deux des jurés, les acteurs Daniel Auteuil et Christoph Waltz, en tenue très décontractée dans le hall de la Villa Domergue, ancienne propriété du peintre Jean-Baptiste Domergue, entourée de jardins et de fontaines, un havre de paix propice à la réflexion.

Un peu plus tard, une nouvelle série de tweets signée Gilles Jacob montraient Spielberg la main sur le coeur comme en plein plaidoyer, puis tous les membres du jury dont Nicole Kidman, en marinière bleue et blanche.

Comme le veut la tradition, le président du festival et le délégué général, Thierry Frémaux, accompagnent les délibérations le jury, qui ne sont "pas une simple formalité", soulignent les organisateurs.

Comme déjà vu par le passé, les dissensions ne sont pas rares au sein des jurys, faisant grimper le suspens. La plupart du temps, les conclaves débutent par des tours de table afin que chacun s'exprime, certains présidents pouvant décider par exemple de procéder à des votes blancs pour faire un point sur les rapports de force.

 
 

C'est l'actrice américaine Uma Thurman qui remettra la palme d'Or 2013, décernée l'an dernier à "Amour" de l'Autrichien Michael Haneke. Kim Novak, blonde hitchcockienne, remettra un autre prix.

Après la cérémonie, les invités pourront découvrir le film de clôture "Zulu", thriller complexe du cinéaste français Jérôme Salle, tourné en Afrique du Sud, avec les acteurs américains Forest Whitaker et Orlando Bloom. Ils y incarnent deux policiers amis, poursuivant le meurtrier d'une jeune fille à Cape Town, une enquête qui va les obliger à affronter leurs démons intérieurs. Le film plonge dans une Afrique du sud pauvre minée par la drogue, la violence et la prostitution.

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