Harcèlement moral à Sup de Co Amiens: ouverture du procès en appel

(G à D) Bernard Deserable, Roger Davis, Isabelle Mathieu, Georges Pouzot et Jean-Louis Mutte, les quatre dirigeants de Sup de Co Amiens poursuivis pour harcèlement moral, le 24 mars 2011 au procès en première instance [Francois Lo Presti / AFP/Archives] (G à D) Bernard Deserable, Roger Davis, Isabelle Mathieu, Georges Pouzot et Jean-Louis Mutte, les quatre dirigeants de Sup de Co Amiens poursuivis pour harcèlement moral, le 24 mars 2011 au procès en première instance [Francois Lo Presti / AFP/Archives]

Le procès en appel de quatre dirigeants de Sup de Co Amiens, dont un seul avait été condamné en première instance pour des faits de harcèlement moral entre 2006 et 2009, s'est ouvert lundi devant la cour d'appel d'Amiens.

"J'attends la relaxe complète, cette histoire n'a aucun sens, je n'ai jamais harcelé personne", a déclaré à son arrivée au tribunal Jean-Louis Mutte, l'ancien directeur général de Sup de Co Amiens, qui avait écopé lors du premier procès en mai 2012 de huit mois de prison avec sursis et 5.000 euros d'amende.

"Mon client a servi de bouc émissaire pour éviter le fiasco judiciaire qu'aurait constitué une relaxe générale", a dit son avocat Stefan Squillaci. Son client avait été condamné pour des faits de harcèlement à l'encontre d'une seule des sept parties civiles.

"Lors du premier procès, les éléments factuels ont été interprétés pour sous-entendre une intention de harcèlement que M. Mutte n'a jamais eue", a-t-il précisé.

M. Mutte, qui a vu son poste supprimé lors de la restructuration de Sup de Co, est désormais enseignant dans le Var.

Jean-Louis Mutte, directeur général du groupe Sup de Co Amiens, le 24 mars 2011 lors du procès en première instance [Francois Lo Presti / AFP/Archives]
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Jean-Louis Mutte, directeur général du groupe Sup de Co Amiens, le 24 mars 2011 lors du procès en première instance

Trois autres prévenus, Roger Davis, directeur délégué, Isabelle Mathieu, directrice administrative, et Georges Pouzot, directeur de l'Institut supérieur d'administration et de management (ISAM), rattaché à Sup de Co, tous relaxés en première instance, sont également rejugés.

Par ailleurs, Bernard Désérable, le président de la Chambre de commerce et de l'Industrie d'Amiens et de l'association chapeautant l'école, comparait à nouveau en tant que personne morale. En mai, il avait également été relaxé par le tribunal correctionnel .

Les faits de harcèlement reprochés aux prévenus s'étalaient de 2006 à 2009. En juillet 2009, Mireille Dimpre, une ancienne membre du comité de direction, déclassée en 2003, s'était suicidée en se défenestrant depuis son bureau.

Par la suite, une assistante pédagogique avait tenté à deux reprises de mettre fin à ses jours en laissant une lettre dénonçant ses conditions de travail.

Lors du premier procès, le ministère public avait dénoncé un "management pathogène", pratiquant "des manoeuvres délibérément vexatoires pour écarter des salariés qui ont cessé de plaire".

M. Mutte avait immédiatement fait appel de la décision. Le parquet avait également fait appel.

Le jugement de première instance avait suscité une vive émotion chez les sept salariés qui s'étaient portés partie civile.

"Le tribunal avait rendu un jugement elliptique et sommaire, les victimes attendent que leurs souffrances soient reconnues", a dit pour sa part Hubert Delarue, l'un des avocats des parties civiles.

Le procès en appel doit s'achever vendredi.

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