Les 240 salariés de Spanghero redoutent l'annonce de leur licenciement

Une vue de l'entreprise Spanghero, à Castelnaudary dans l'Aude [Remy Gabalda / AFP/Archives] Une vue de l'entreprise Spanghero, à Castelnaudary dans l'Aude [Remy Gabalda / AFP/Archives]

Les 240 salariés de Spanghero, l'entreprise de Castelnaudary (Aude) au coeur du scandale de la viande de cheval, devraient se voir annoncer leur licenciement au cours d'un comité d'entreprise mardi après-midi, a-t-on appris de sources concordantes.

L'administrateur judiciaire a convoqué un comité d'entreprise mardi à 16H00. Il doit y mettre en route un Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) qui, selon ces sources, concerne tout le personnel.

Les représentants des salariés comptent à cette occasion demander au propriétaire de l'entreprise, la coopérative basque Lur Berri, "d'assumer ses responsabilités".

"Jusqu'à présent, on a été patients. On a fait notre travail et on le fait toujours. Mais il faut qu'ils soient conscients qu'ils ne peuvent pas nous laisser tomber comme ça sans rien faire", a déclaré à l'AFP Jean Aparicio, représentant (FO) du personnel.

Si l'annonce des 240 licenciements ne fait pas de doute dans l'esprit des représentants du personnel, l'administrateur judiciaire ne devrait pas prononcer mardi l'extinction tant redoutée du site, maintenant ainsi l'espoir d'une reprise d'au moins une petite partie des salariés.

A ce jour, deux plans de reprise ont été élaborés par des salariés d'un côté, et de l'autre par l'ancien propriétaire et fondateur de l'entreprise, Laurent Spanghero, avec le concours d'au moins un investisseur.

Jean Aparicio, représentant (FO) du personnel de Spanghero, le 26 avril 2013 à Castelnaudary [Eric Cabanis / AFP/Archives]
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Jean Aparicio, représentant (FO) du personnel de Spanghero, le 26 avril 2013 à Castelnaudary

Ces deux parties ont de nouveau déposé leur dossier mardi dans la matinée chez l'administrateur judiciaire à Toulouse, qui devrait leur accorder un nouveau délai pour améliorer et consolider leur offre.

Lundi soir, Laurent Spanghero puis les salariés ont présenté leurs projets à la préfecture.

Les salariés dépités

Les salariés en sont ressortis dépités: leur plan, jugé sérieux, n'est pas suffisamment financé: "On nous avait promis un accompagnement une fois le projet monté et hier soir on nous a demandé pourquoi nous n'étions pas allés voir les banques privées", a déploré M. Aparicio.

Selon lui, un fonds d'investissement privé a été contacté et constitue le seul espoir pour le dossier des salariés.

De son côté, M. Spanghero, interrogé lundi, conservait "bon espoir" tout en admettant que son dossier n'était "pas complètement ficelé".

Laurent Spanghero, le 14 mai 2013 à Revel [Remy Gabalda / AFP/Archives]
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Laurent Spanghero, le 14 mai 2013 à Revel

L'entreprise Spanghero, vendue en 2009 à Lur Berri, est aux abois depuis qu'elle a été désignée, mi-février, comme un responsable primordial du scandale européen de la viande de cheval. Spanghero est surtout spécialisée dans la transformation de viande et la fabrication de plats préparés. Mais c'est dans le cadre de son activité mineure de négoce de viande qu'elle est accusée d'avoir sciemment revendu du cheval à la place de boeuf à des entreprises produisant elles-mêmes des plats cuisinés comme des lasagnes pour de grandes marques ou de grands distributeurs.

Spanghero, poids lourd économique régional qui revendiquait 360 salariés (avec les intérimaires ou les contrats à durée déterminée) avant le scandale dans un département durement touché par le chômage, espérait se rétablir il y a encore quelques semaines, même à effectifs réduits. Mais, de l'avis général des salariés, la révélation a posteriori (le 19 mars) qu'on avait découvert dans l'entreprise de la viande de mouton britannique prohibée en même temps que de la viande de cheval a mis l'entreprise à genoux.

Chez Spanghero, on s'étonne quand même de l'absence de repreneur pour l'activité de plats cuisinés, la plus rentable. Les salariés et plusieurs bons connaisseurs du dossier se demandent ouvertement si des industriels n'attendent pas la liquidation complète de l'entreprise pour la reprendre pour une bouchée de pain.

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