Premier mariage homo mercredi en présence de Vallaud-Belkacem

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et Najat Vallaud-Belkacem, à Evreux, le 23 mai 2013 [Charly Triballeau / AFP/Archives] Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et Najat Vallaud-Belkacem, à Evreux, le 23 mai 2013 [Charly Triballeau / AFP/Archives]

A la veille du premier mariage très médiatisé d'un couple homosexuel à Montpellier, le Premier ministre a donné mardi son plein soutien à Najat Vallaud-Belkacem qui a confirmé sa présence à la cérémonie, mais à titre personnel uniquement, par souci d'"apaisement".

"J'y serai d'abord par amitié", "c'est un engagement pris de longue date et je me réjouis de pouvoir le tenir demain", a-t-elle indiqué sur France 3, précisant que ce ne serait pas tant la porte-parole du gouvernement ou la ministre des Droits des femmes qui serait présente mais "Najat Vallaud-Belkacem".

"En ce qui me concerne, ce sont des amis, (...), j'y serai d'abord avec le coeur", a-t-elle ajouté.

Selon la maire PS de Montpellier Hélène Mandroux, c'est d'ailleurs Najat Vallaud-Belkacem elle-même qui tenait à ce que le premier mariage homo, qui va unir Vincent Autin, président de l'Inter-LGBT Montpellier et son compagnon Bruno, ait lieu dans cette ville.

Cette participation se fera "dans la discrétion", avait précisé plus tôt le cabinet de la porte-parole. Et "avec l'accord du Premier ministre".

Jean-Marc Ayrault a en effet commenté mardi sa venue comme "un beau geste", quand "vous êtes invité à titre personnel".

"Il faut bien se dire que tout ça fait partie des moments festifs, des moments de bonheur, des moments où ceux qui vont se marier veulent faire partager leur bonheur à d'autres", a-t-il ajouté, interrogé à l'issue de la réunion hebdomadaire du groupe socialiste au Sénat.

Aucun autre membre du gouvernement ne sera toutefois de la partie.

"De l'ordre de l'intime"

Vincent Autin (2e g) et Bruno Boileau (3e g), lors d'une conférence de presse à Montpellier le 28 mai 2013 [Pascal Guyot / AFP]
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Vincent Autin (2e g) et Bruno Boileau (3e g), lors d'une conférence de presse à Montpellier le 28 mai 2013

Invitée par la maire de Montpellier, et alors que sa présence était clairement indiquée dans le déroulé de la célébration, la ministre déléguée chargée de la Famille, Dominique Bertinotti, a jugé préférable de rester à l'écart d'une cérémonie privée.

"Nous avons présenté avec Christiane Taubira (la ministre de la Justice, ndlr) cette loi. Elle a longuement été discutée devant le Parlement, elle a été votée, le conseil constitutionnel l'a validée. Maintenant elle s'applique et nous rentrons dans l'ordre de l'intime", a expliqué la ministre sur RTL.

Elle s'est prononcée pour un "apaisement", après des mois de débats tumultueux sur le mariage homosexuel, contre lequel ont encore manifesté dimanche entre 150.000 et un million d'opposants.

"Nous avons d'autres questions sur l'évolution du droit de la famille, s'il n'y a pas ce climat d'apaisement et de sérénité, on ne pourra pas les aborder et c'est dommage", a-t-elle poursuivi.

Il s'agit d'"éviter de rajouter d'éventuelles tensions", a aussi indiqué son cabinet.

L'un des deux futurs mariés Vincent Autin a déclaré qu'il n'avait pas de "regret" pour l'absence de Mme Bertinotti, précisant qu'il "ne l'avait pas invitée" contrairement à Mme Vallaud-Belkacem qui est "une amie".

Car certains détracteurs de la réforme, comme le "Printemps français", une nébuleuse des opposants les plus radicaux, n'entendent pas désarmer. Malgré le vote de la loi et sa promulgation le 18 mai, le mouvement a indiqué sa volonté de poursuivre ses actions coups de poing, comme l'accueil par des huées des ministres en déplacement.

"Il est juste, en ces temps qui parfois peuvent paraître troublés, de ne pas politiser plus que de raison des événements qui ont vocation à être plutôt privés", a reconnu mardi Najat Vallaud-Belkacem.

"Ce qui animent le Premier ministre comme le Président de la République aujourd'hui, c'est la volonté de rassemblement de la société, d'apaisement, après ce débat qui a été très clivé", a-t-elle poursuivi, insistant: "Nous sommes dans cette phase d'apaisement des esprits".

Vincent Autin en a convenu, ne voyant pas "pourquoi les politiques devraient être là".

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