Rare manifestation des directeurs de prison devant la Chancellerie

Une grille de prison [Charly Triballeau / AFP/Archives] Une grille de prison [Charly Triballeau / AFP/Archives]

Une trentaine de directeurs de prison et de services pénitentiaires ont manifesté mardi près du ministère de la Justice à Paris pour dénoncer leurs conditions de travail et la surpopulation des prisons françaises, a constaté une journaliste de l'AFP.

"Les conditions de gestion de nos établissements deviennent de plus en plus compliquées", s'est alarmé Jimmy Delliste, secrétaire général du syndicat FO-Direction, qui avait appelé à la manifestation et a rassemblé une poignée de chefs d'établissement en uniforme à quelques pas de la place Vendôme, dans le Ier arrondissement de Paris.

Ce mouvement, très rare dans un corps soumis au droit de réserve, témoigne aussi du sentiment de "manque de reconnaissance", selon André Fostier, directeur de la maison d'arrêt de Villefranche-sur-Saône (Rhône), voire de "solitude" des directeurs de prison, selon Valérie Mousseef, adjointe du entre pénitentiaire du Pontet (Vaucluse).

"Par exemple, nous n'avons aucune directive de notre ministère concernant la pratique des fouilles à nue systématiques que la loi pénitentiaire de 2009 a voulu supprimer sans nous donner les moyens de compenser cette mesure de sécurité", explique Mme Mousseeff.

"On laisse les directeurs se dépatouiller avec cette question des fouilles, sans leur fixer de cap", déplore M. Delliste. Plusieurs établissements ont été condamnés par la justice administrative au cours des derniers mois pour avoir continué à pratiquer ces fouilles, à la sortie des parloirs notamment.

Les griefs de directeurs de prison portent aussi sur la difficulté de gérer des établissements surpeuplés. Le nombre de détenus a battu début mai un nouveau record avec 67.839 personnes incarcérées, soit un taux d'occupation de 118,5%.

La circulaire diffusée en septembre par la ministre de la Justice Christiane Taubira afin d'inciter les magistrats à davantage d'alternatives à l'incarcération n'a "pas porté ses fruits", selon M. Delliste.

"Une circulaire n'a pas la force d'une loi, si on veut vraiment un changement il faut une loi. On voit toujours arriver des condamnés pour exécuter des peines de 15 jours ou trois semaines", note Bernard Lévy, de la direction interrégionale des services pénitentiaires de la région Paca-Corse.

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