Paris veut coopérer avec Tripoli dans le cadre de l'ONU

Le président François Hollande lors d'un discours à l'Institut des hautes études de défense nationale à Paris, le 24 mai 2013 [Remy de la Mauviniere / Pool/AFP/Archives] Le président François Hollande lors d'un discours à l'Institut des hautes études de défense nationale à Paris, le 24 mai 2013 [Remy de la Mauviniere / Pool/AFP/Archives]

La France veut engager une "coopération" avec la Libye pour mettre "hors d'état de nuire les groupes terroristes" présents dans ce pays mais exclut toute action militaire hors du cadre de l'Onu, a déclaré vendredi François Hollande dans un entretien à France 24, RFI et TV5Monde.

"Il y a des règles pour toute intervention française. Nous, nous intervenons dans la légitimité que nous confèrent les résolutions de l'Onu et dans aucun autre cadre", a affirmé M. Hollande, ajoutant: "Jusqu'à présent, nous n'avons pas été appelés par les autorités libyennes".

"Donc je veux couper court à ce qui n'est pas une information", a-t-il déclaré à propos des informations de presse évoquant une intervention de la France.

En revanche, "nous devons appuyer tous les efforts des autorités libyennes pour que nous puissions lutter contre le terrorisme", a-t-il affirmé, estimant que les groupes terroristes installés dans le sud de la Libye étaient très probablement à l'origine des récentes attaques au Niger. "C'est le plus probable", a-t-il dit.

"Nous devons donc avec les autorités libyennes et seulement elles, voir quelle coopération nous engageons pour mettre hors d'état de nuire ces groupes terroristes", a précisé le président.

Après l'intervention militaire de l'Otan en 2011, "c'était à la communauté internationale d'être beaucoup plus présente (en Libye) y compris par des forces sur place", a-t-il considéré, jugeant que "l'ampleur des armes qui circulaient et des groupes qui les utilisaient" avaient à l'époque été sous-estimés.

De son côté, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Philippe Lalliot a indiqué que "des annonces seraient faites dans les prochains jours" sur la coopération avec la Libye en matière de sécurité.

"Il y a en Libye un problème de sécurité, les autorités libyennes en sont très conscientes et sont très désireuses d'y remédier rapidement", a-t-il déclaré lors d'un point-presse, alors que plusieurs diplomates sous couvert de l'anonymat s'inquiètent du risque d'un "nouveau Mali" dans le sud de la Libye.

"La France est prête à accélérer le rythme et à aider les autorités libyennes", qui ont formulé des demandes "de formation, conseil et équipement" pour sécuriser les frontières, a-t-il ajouté.

"Il y a une expertise que la France peut apporter à la Libye", a-t-il dit, rappelant également qu'une mission civile de l'Union européenne destinée à aider au contrôle des frontières libyennes allait commencer dans les jours qui viennent.

En février, une conférence internationale ministérielle sur la Libye s'était réunie à Paris, et s'était engagée à aider la Libye en matière de sécurité et de formation. La France avait notamment proposé de former plusieurs milliers de policiers libyens.

À suivre aussi

Depuis 2015, le Gouvernement d'union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj, reconnu par l'ONU, et l'autorité rebelle menée par le maréchal Khalifa Haftar se battent pour le contrôle de la Libye.
International Tout comprendre à la crise en Libye en trois questions
Les deux principaux protagonistes de la crise en Libye, Fayez al-Sarraj (g), chef du Gouvernement d'union nationale (GNA) reconnu par l'ONU, et Khalifa Haftar, l'homme fort de l'Est libyen, seront présents à Berlin, mais ne devraient pas siéger à... [FETHI BELAID, HO / AFP/Archives]
Berlin Un sommet international pour tenter de pacifier la Libye
L'émissaire de l'ONU en Libye, Ghassan Salamé; lors d'une interview avec l'AFP le 18 janvier 2020 à Berlin [Odd ANDERSEN / AFP]
International Libye : les exportations du pétrole bloquées à la veille d'un sommet crucial

Ailleurs sur le web

Derniers articles