Affaire Merah : le 3e homme mis en examen et écroué

Des policiers emmènent des complices présumés de Merah pour les interroger, à Toulouse, le 4 décembre 2012 [Eric Cabanis / AFP/Archives] Des policiers emmènent des complices présumés de Merah pour les interroger, à Toulouse, le 4 décembre 2012 [Eric Cabanis / AFP/Archives]

L'enquête sur les complicités dont est susceptible d'avoir bénéficié Mohamed Merah progresse avec une troisième mise en examen samedi, celle d'un délinquant toulousain soupçonné d'avoir fourni des armes au tueur au scooter, qui a été écroué.

Connu de la police pour des actes de délinquance de droit commun, l'homme de 30 ans soupçonné d'avoir aidé Merah a été mis en examen notamment pour complicité d'assassinats en relation avec une entreprise de nature terroriste.

Il a également été mis en examen pour recel de vol, acquisition et cession d'armes de 1ère et 4e catégorie en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme.

Selon des sources judiciaire et proche de l'enquête, l'homme écroué samedi a reconnu avoir fourni des armes à Merah, tout en affirmant ne pas avoir eu connaissance de ses intentions criminelles.

Un peu plus d'un an après les assassinats de trois militaires, puis de trois enfants et un père juifs en mars 2012 à Toulouse et Montauban, c'est le troisième à être mis en examen et écroué dans cette affaire. Il rejoint en prison le frère aîné de Merah, Abdelkader, et un homme, soupçonné d'avoir participé au vol du scooter utilisé par l'assassin. Tous ont pour point commun de s'être connus dans le quartier des Izards à Toulouse.

Poursuivi pour complicité d'assassinats et écroué depuis mars 2012 à Fresnes, Abdelkader Merah, 31 ans, nie toute implication dans les crimes de son frère, reconnaissant seulement avoir été présent au moment du vol du scooter commis, selon lui, à son insu.

Des véhicules de secours et de police près du domicile de Mohamed Merah à Toulouse, le 22 mars 2012 [Pascal Pavani / AFP/Archives]
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Des véhicules de secours et de police près du domicile de Mohamed Merah à Toulouse, le 22 mars 2012
 

Le deuxième mis en cause, Mohamed Mounir Meskine, 25 ans, condamné à trois reprises pour vol, recel de vol et trafic de stupéfiants, est un copain des Merah. Soupçonné d'avoir participé au vol du scooter avec eux, il a été mis en examen pour vol en réunion en lien avec une entreprise terroriste et participation à une association de malfaiteurs terroristes. Ecroué le 18 mai, il nie.

Proche des Merah, l'homme écroué samedi, dont l'identité n'a pas été communiquée, est soupçonné d'avoir fourni "au moins deux armes, dont le pistolet mitrailleur Uzi", l'une des armes que portait Merah à l'école juive de Toulouse.

 

Trafiquants de drogue

Interpellé mardi après-midi à Toulouse, cet homme aurait également fourni le gilet pare-balles que Merah portait lors du siège de son appartement, retrouvé sur lui après l'assaut du Raid dans lequel il avait trouvé la mort le 22 mars, selon une source policière.

Pour les enquêteurs, qui travaillent depuis plusieurs mois sur l'entourage des Merah, ce nouvel épisode pourrait être une "étape importante" dans l'enquête sur les complicités dont aurait pu bénéficier Merah.

L'ancien appartement de Mohamed Merah dans lequel il s'était retranché, photographié le 1er août 2012 à Toulouse [Remy Gabalda / AFP/Archives]
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L'ancien appartement de Mohamed Merah dans lequel il s'était retranché, photographié le 1er août 2012 à Toulouse
 

Une étape qui pourrait en appeler d'autres. Selon une source policière, la sous-direction antiterroriste (Sdat) de la police judiciaire, en charge de l'enquête, "continue à explorer la piste d'autres fournisseurs possibles d'armes et de matériel". Elle recherche également les "personnes susceptibles d'avoir apporté un soutien logistique et financier à Merah pour ses déplacements à l'étranger".

Selon un proche du dossier, l'enquête s'est accélérée ces dernières semaines après la découverte de la provenance de l'une des armes de Merah: un colt 11.43 retrouvé chez le tueur avait été volé en juin 2011 à un champion de tir en même temps que de nombreuses armes et des munitions.

A la suite d'une erreur dans le référencement de l'arme, les enquêteurs ont mis un an à faire le lien entre le colt volé et celui retrouvé chez Merah. Depuis, ils ont retrouvé la trace du stock d'armes volées, qui pourrait impliquer un réseau de trafiquants de drogue de la région de Toulouse, selon un proche du dossier.

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a estimé fin janvier que la thèse du "loup solitaire" ne tenait pas, prenant ainsi le contre-pied de l'ex-patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) Bernard Squarcini et de son prédécesseur place Beauvau Claude Guéant.

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