Affaire Merah : une probable troisième mise en examen

Des véhicules de secours et de police près du domicile de Mohamed Merah à Toulouse, le 22 mars 2012 [Pascal Pavani / AFP/Archives] Des véhicules de secours et de police près du domicile de Mohamed Merah à Toulouse, le 22 mars 2012 [Pascal Pavani / AFP/Archives]

L'enquête sur les complicités dont est susceptible d'avoir bénéficié Mohamed Merah progresse avec une probable troisième mise en examen samedi, celle d'un délinquant toulousain soupçonné d'avoir fourni des armes au tueur au scooter.

Un peu plus d'un an après les assassinats de trois militaires, puis de trois enfants et un père juifs en mars 2012 à Toulouse et Montauban, deux hommes ont déjà été mis en examen.

Abdelkader Merah, 31 ans, le frère aîné du tueur, est poursuivi pour complicité d'assassinats et écroué depuis mars 2012 à Fresnes, une détention provisoire prolongée de six mois en mars. Il nie toute implication dans les crimes de son frère, reconnaissant seulement avoir été présent au moment du vol du scooter commis, selon lui, par son frère à son insu.

Le deuxième mis en cause, Mohamed Mounir Meskine, 25 ans, condamné à trois reprises pour vol, recel de vol et trafic de stupéfiants, est un copain de quartier des Izards des Merah. Soupçonné d'avoir participé au vol du scooter avec les deux frères, il a été mis en examen pour vol en réunion en lien avec une entreprise terroriste et participation à une association de malfaiteurs terroriste. Ecroué le 18 mai, il nie les faits.

L'homme déféré samedi est un délinquant de droit commun, également originaire des Izards, âgé de 30 ans. Les enquêteurs le soupçonnent d'avoir fourni des armes à Mohamed Merah.

Des véhicules de secours et de police près du domicile de Mohamed Merah à Toulouse, le 22 mars 2012 [Pascal Pavani / AFP/Archives]
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Des véhicules de secours et de police près du domicile de Mohamed Merah à Toulouse, le 22 mars 2012
 

Proche des deux frères, il est soupçonné d'avoir fourni "au moins deux armes, dont le pistolet mitrailleur Uzi", l'une des armes que portait Mohamed Merah à l'école juive de Toulouse où il avait tué trois enfants et un père. Merah avait auparavant abattu trois militaires.

 

Trafiquants de drogue

Cet homme aurait également fourni le gilet pare-balles que Merah portait lors du siège de son appartement et qui avait été retrouvé sur lui après l'assaut du Raid dans lequel il avait trouvé la mort le 22 mars, selon une source policière.

Le parquet a requis le placement en détention provisoire de ce trentenaire connu pour de multiples faits de droit commun interpellé mardi après-midi à Toulouse avant d'être transféré vendredi soir à Paris.

S'ils restaient prudents sur la connaissance qu'il pouvait avoir de l'usage qui allait être fait de ces armes, les enquêteurs, qui travaillent depuis plusieurs mois sur l'entourage des frères Merah, voient dans ce nouveau rebondissement une "étape importante" dans l'enquête sur les complicités dont aurait pu bénéficier Merah.

 

"Loup solitaire"?

Une étape qui pourrait en appeler d'autres. Selon une source policière, la sous-direction antiterroriste (Sdat) de la police judiciaire, en charge de l'enquête, "continue à explorer la piste d'autres fournisseurs possibles d'armes et de matériel". Elle travaille également sur les "personnes susceptibles d'avoir apporté un soutien logistique et financier à Merah pour ses déplacements à l'étranger".

L'ancien appartement de Mohamed Merah dans lequel il s'était retranché, photographié le 1er août 2012 à Toulouse [Remy Gabalda / AFP/Archives]
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L'ancien appartement de Mohamed Merah dans lequel il s'était retranché, photographié le 1er août 2012 à Toulouse
 

Selon un proche du dossier, l'enquête s'est accélérée ces dernières semaines après la découverte, par les enquêteurs, de la provenance de l'une des armes de Merah: un colt 11.43 retrouvé chez le tueur avait été volé en juin 2011 à un champion de tir en même temps que de nombreuses autres armes et des munitions.

A la suite d'une erreur dans le référencement de l'arme, les enquêteurs ont mis un an à faire le lien entre le colt volé et celui retrouvé chez Merah. Depuis, ils ont retrouvé la trace du stock d'armes volées, qui pourrait impliquer un réseau de trafiquants de drogue de la région de Toulouse, selon un proche du dossier.

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a estimé fin janvier que la thèse du "loup solitaire" ne tenait pas, prenant ainsi le contre-pied de l'ancien patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) Bernard Squarcini et de son prédécesseur place Beauvau Claude Guéant.

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