Manifestation contre la violence à Marseille

Des Marseillais manifestent contre la violence le 1er juin 2013 [Anne-Christine Poujoulat / AFP] Des Marseillais manifestent contre la violence le 1er juin 2013 [Anne-Christine Poujoulat / AFP]

Excédés par la violence qui mine leurs cités, des habitants des quartiers populaires de Marseille, sont descendus samedi pour la première fois dans la rue pour réclamer la sécurité et "un avenir" pour leurs enfants.

Ils étaient entre 700 et 1.500 selon la police ou les organisateurs, venus des quartiers populaires: de nombreuses mères de famille, des militants associatifs, des travailleurs sociaux, ou des élus qui ont répondu à l'appel du collectif du 1er juin, un mouvement constitué en février dernier après les assassinats de plusieurs jeunes sur fond de trafic de drogue.

Pour l'un des animateurs de ce collectif, Patrick Cassina, directeur d'un centre social dans le 13e arrondissement, ce rassemblement "est une première depuis trente ans" et la marche des Beurs, la fameuse manifestation antiraciste de 1983.

Vers 15H00, les manifestants qui s'étaient rassemblés au pied des marches de la gare Saint-Charles, ont défilé en cortège derrière deux larges banderoles proclamant : "Contre toutes les violences" et "quartiers populaires, nous sommes des Marseillais, égalité de droits et de traitement pour tous et partout".

Des Marseillais manifestent contre la violence le 1er juin 2013 [Anne-Christine Poujoulat / AFP]
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Des Marseillais manifestent contre la violence le 1er juin 2013
 

Émergeant du cortège bruyant et joyeux, des pancartes au nom des différentes cités et villages du nord de la ville: La Busserine, les Bleuets, la Gavotte, la Castellane, les Flamands, Saint-Barthélémy ou Malpassé.

Si quelques participants semblaient habitués à battre le pavé, pour beaucoup c'était une première, comme ce groupe de Comoriens en tenue traditionnelle, ou Mokharia, une jeune habitante de la cité des Bleuets dans le 13e arrondissement.

"Je suis une mère, une soeur, une amie, une voisine, une cousine", a dit la jeune femme voilée. Elle est venue pour exprimer "le ras-le-bol des habitants des quartiers nord d'être laissés pour compte" et réclamer "une égalité de traitement pour le logement et l'éducation".

L'égalité était ainsi une thématique récurrente sur les banderoles, où l'on pouvait lire "égalité pour tous", "un avenir pour tous nos enfants" ou "sécurité dans nos collèges".

Des Marseillaises manifestent contre la violence, le 1er juin 2013 [Anne-Christine Poujoulat / AFP]
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Des Marseillaises manifestent contre la violence, le 1er juin 2013
 

D'un petit camion en tête de manifestation, Yamina Bechenni, l'une des chevilles ouvrières du collectif du 1er juin, et les autres animateurs de ce collectif, lançaient des slogans, repris par la foule, tantôt dénonçant les problèmes "Et la drogue... Y'en a marre. Et la violence... Et l'injustice...", tantôt plus revendicatif, "Marseille debout, pour tes enfants... debout, pour ta famille."

 

La sécurité mais pas seulement

Ce mouvement populaire est né en février, après un énième règlement de comptes dans les quartiers nord, en réaction "aux meurtres d'enfants", disent ses animateurs.

Patrick Cassina explique qu'en début d'année, après l'un de ces règlements de comptes, "les parents ont commencé à exprimer une grande angoisse, les enfants étaient retirés des activités... par crainte. on (les travailleurs sociaux et les associations, ndlr) a rapidement décidé d'organiser un espace de parole".

 
 

"Les habitants souhaitent plus de sécurité mais ils ne veulent pas que la réponse (de l'État, ndlr) ne soit que sécuritaire", explique M. Cassina.

Depuis deux mois, le collectif du 1er juin, organise des réunions hebdomadaires avec les habitants des quartiers et souhaite devenir "une force de propositions".

La manifestation a rejoint en milieu d'après-midi la préfecture des Bouches-du-Rhône et une délégation du collectif a été reçu par le préfet de Police, Jean-Paul Bonnetain et la préfète à l'égalité des chances Marie Lajus, à qui elle a remis une liste de "23 propositions des habitants".

"Les gens ne veulent plus de solutions qu'on leur impose", explique Yamina Bechenni.

En tête de ces propositions, "la mise en place d'une instance permanente de concertation et de dialogue avec les représentants des autorités publiques". Le 15 juin, une assemblée populaire se réunira pour définir "la suite à donner" au mouvement.

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