Adolescent tué dans une fusillade à Lyon : quatre jeunes devant les assises

Le ministre de l'Intérieur de l'époque, Brice Hortefeux, s'entretient le 15 décembre 2009 dans le quartier Mermoz à Lyon, avec des proches du jeune Amar, 12 ans, tué lors d'une fusillade en plein rue. [Jean-Philippe Ksiazek / AFP/Archives] Le ministre de l'Intérieur de l'époque, Brice Hortefeux, s'entretient le 15 décembre 2009 dans le quartier Mermoz à Lyon, avec des proches du jeune Amar, 12 ans, tué lors d'une fusillade en plein rue. [Jean-Philippe Ksiazek / AFP/Archives]

Quatre jeunes hommes comparaissent à partir de mardi devant la cour d'assises des mineurs du Rhône après la fusillade qui avait coûté la vie à Amar, un adolescent de 12 ans, en décembre 2009 à Lyon, suscitant une vive émotion en France.

Deux d'entre eux sont poursuivis pour "assassinat et tentative d'assassinat", un autre adolescent de 17 ans ayant été blessé à la cuisse au cours de la fusillade.

Les deux autres accusés, dont un mineur au moment des faits, répondent de "complicité d'assassinat et de tentative d'assassinat" au cours de ce procès, qui devrait se tenir à huis-clos.

Seul l'auteur présumé du coup mortel, aujourd'hui âgé de 22 ans, a reconnu les faits lors de sa garde à vue, les trois autres reconnaissant seulement avoir participé aux deux rixes entre jeunes de deux quartiers, ayant précédé la fusillade, ce dimanche 14 décembre 2009, vers 17H30.

Trois expéditions punitives successives en deux heures. D'abord à mains nues, puis avec des bâtons et enfin avec des armes, parce qu'une jeune fille de leur cité de Bron avait été un peu plus tôt la cible de propos salaces en venant acheter des cigarettes dans un tabac du quartier voisin, dans le VIIIe arrondissement de Lyon.

Deux jeunes encagoulés et armés d'une carabine et d'une arme 7.62 de type fusil-mitrailleur avaient ouvert le feu depuis leur voiture sur un groupe de jeunes à proximité d'un petit centre commercial de ce quartier sensible.

Alors qu'il se rendait à la boulangerie, Amar, 12 ans, avait été mortellement blessé par un tir de chevrotine de calibre 12. Il était décédé durant son transfert à l'hôpital.

Plusieurs dizaines d' impacts de balles avaient été retrouvés par les enquêteurs notamment dans les vitrines de commerces, témoignant de la violence de la fusillade pour laquelle deux armes ont été utilisées.

Cette affaire avait suscité un profond émoi en France. Deux jours après le drame, le ministre de l'Intérieur de l'époque, Brice Hortefeux, s'était rendu à Lyon pour rencontrer la famille d'Amar et évoquer "une augmentation préoccupante du port d'armes prohibées".

Les principaux auteurs avaient été interpellés cinq mois après les faits.

"Amar n'avait strictement rien à voir avec ces épisodes" de violence, "il n'était pas connu de la police et n'était pas dans une bande ", a déclaré à l'AFP Me Alexandre Plantevin, l'un des avocats des parties civiles, selon lequel "tous les témoins entendus s'accordent à dire que c'était un enfant poli, gentil, serviable".

"Les parents d'Amar attendent beaucoup de ce procès. On espère qu'il fera la lumière sur ce qu'il s'est passé, savoir qui a tiré, qui a fourni la voiture, les armes, des questions auxquelles personne n'a voulu répondre pendant trois ans", a ajouté l'avocat.

Le verdict est attendu le 12 juin au soir.

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