François Hollande arrive au Japon pour une visite d'Etat

François Hollande, le 5 juin 2013 à Paris [Etienne Laurent / Pool/AFP] François Hollande, le 5 juin 2013 à Paris [Etienne Laurent / Pool/AFP]

François Hollande arrive jeudi à Tokyo pour une visite d'Etat de trois jours au cours de laquelle il doit longuement s'entretenir avec le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, instigateur d'une politique économique qui intrigue le président français.

Ce séjour de M. Hollande, accompagné d'une délégation d'une quarantaine de patrons et de sept ministres, est le premier de ce haut rang protocolaire pour un chef d'Etat français depuis celui de Jacques Chirac en 1996.

M. Hollande et sa compagne Valérie Trierweiler rencontreront dès jeudi soir Shinzo Abe et son épouse Akie pour un dîner privé, avant un entretien prévu vendredi midi puis un déjeuner de travail.

Le dirigeant français, confronté à la dégradation de l'économie européenne, devrait s'enquérir auprès de son interlocuteur des tenants et aboutissants de sa politique économique surnommée "abenomics", à rebours de l'austérité prônée ailleurs.

Cet ensemble, qui combine des largesses budgétaires et monétaires couplées à une stratégie de croissance axée sur la dérégulation et la libéralisation, a déjà le mérite de redonner confiance aux consommateurs et entrepreneurs nippons, même si la réussite à long terme de ce programme salué par les uns et vilipendé par les autres n'est pas garantie.

Cette visite fera "une grande place aux partenariats franco-japonais dans les domaines éducatif, culturel, économique ou énergétique", avait souligné le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, lors d'un récent passage à Tokyo.

"Abenomics"

Le chef de la diplomatie de l'hexagone est cette fois encore du voyage aux côtés de M. Hollande, de même que ses collègues Arnaud Montebourg (Redressement productif), Aurélie Filippetti (Culture, communication), Geneviève Fioraso (Enseignement supérieur, recherche), Fleur Pellerin (Economie numérique), Delphine Batho (Ecologie) et Guillaume Garot (Agroalimentaire).

Le président français veut établir avec le Japon "un partenariat extrêmement dense et fécond, un partenariat d'exception", a indiqué l'Elysée.

Les deux pays devraient s'entendre sur "une feuille de route" générale dressant les priorités communes pour les années avenir dans le cadre d'une relation jugée "dense et amicale" par M. Fabius.

Shinzo Abe, le Premier ministre japonais, le 5 juin 2013 à Tokyo [Yoshikazu Tsuno / AFP]
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Shinzo Abe, le Premier ministre japonais, le 5 juin 2013 à Tokyo
 

Ils devraient ainsi poser des jalons pour coopérer davantage notamment dans le secteur de l'énergie, afin entre autres de favoriser les exportations conjointes d'équipements nucléaires, avec en ligne de mire le Vietnam, l'Indonésie et la Jordanie.

Cette volonté s'inscrit dans la droite ligne du contrat remporté en Turquie pour quatre réacteurs par une coentreprise du français Areva et du japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI), dont le PDG s'exprimera d'ailleurs devant M. Hollande lors d'une rencontre avec des industriels.

Avec plusieurs grands partenariats, les relations économiques entre les deux pays sont déjà fortes, mais jugées trop restreintes à certains secteurs. La France était fin 2011 le troisième investisseur au Japon, à hauteur de 16 milliards d'euros annuels, et le Japon le premier investisseur asiatique en France, avec plus de 440 implantations.

La presse japonaise évoque aussi des pourparlers sur des sujets liés à la défense, notamment les exportations de composants pour les matériels militaires.

Outre les discussions politiques, discours au parlement et devant un parterre d'hommes d'affaires entre deux cérémonies protocolaires d'accueil et de remerciements avec l'empereur japonais Akihito, M. Hollande assistera à des démonstrations de robots, rencontrera des artistes japonais (musiciens, cinéastes, dessinateurs de mangas, écrivains) ainsi que des jeunes oeuvrant à cheval entre la France et le Japon.

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