Ouverture du procès d'un policier pour l'accident mortel de Villiers-le-Bel

Franck Viallet (c), un policier jugé pour la mort de Moushin et Lakamy, le 6 juin 2013 au tribunal de Pontoise [Lionel Bonaventure / AFP] Franck Viallet (c), un policier jugé pour la mort de Moushin et Lakamy, le 6 juin 2013 au tribunal de Pontoise [Lionel Bonaventure / AFP]

Le procès d'un policier jugé pour homicides involontaires après l'accident de Villiers-le-Bel (Val-d'Oise), dans lequel deux adolescents ont trouvé la mort en novembre 2007, s'est ouvert jeudi devant le tribunal correctionnel de Pontoise.

Le prévenu, Franck Viallet, chemise noire, veste grise et lunettes rectangulaires, a pris place au premier rang de la 6e chambre du tribunal correctionnel, au côté de son avocat, Me Frédéric Champagne.

Franck Viallet, qui conduisait le véhicule de police le soir du drame, est accusé de n'avoir pas respecté la limite de vitesse autorisée au moment de la collision. Il encourt une peine de trois ans de prison et de 45.000 euros d'amende.

"Ce dossier a une sensibilité particulière. Mais ça reste un dramatique accident de la route", a assuré avant l'audience Me Champagne, estimant que les responsabilités pouvaient être considérées comme partagées dans l'accident.

Alors que "les acteurs judiciaires ont tenu plusieurs discours dans ce dossier", il attend du procès une "compréhension par les uns et les autres de ce qu'il s'est réellement passé".

De nombreux proches des victimes, mais aussi des policiers en civil, ont fait le déplacement pour assister au procès.

"Ca fait cinq ans que je vis dans la douleur" et "c'est trop long", a déclaré avant l'audience Araf Sehhouli, le père de Mouhsim, l'un des deux adolescents tués dans l'accident.

"Je cherche la vérité" et "j'espère que la justice donnera une réponse favorable qui puisse me soulager", a-t-il ajouté.

La mort de Moushin et Lakamy, le 25 novembre 2007, avait entraîné deux jours de violentes échauffourées entre jeunes et forces de l'ordre à Villiers-le-Bel.

Une centaine de policiers avaient été blessés durant cette flambée de violences, qui avait fait craindre une répétition des émeutes de 2005, parties de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) avant d'embraser la France.

Jeudi, une vingtaine de policiers étaient présents à l'extérieur de la salle du tribunal de Pontoise pour assurer le calme.

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