Le Drian demande une enquête sur l'Ile Longue

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, donne une conférence de presse, le 25 mai 2013 à Salon-de-Provence [Gerard Julien / AFP/Archives] Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, donne une conférence de presse, le 25 mai 2013 à Salon-de-Provence [Gerard Julien / AFP/Archives]

Le gouvernement a ordonné mardi une enquête sur la base de sous-marins nucléaires de l'Ile Longue au large de Brest (ouest) après la publication d'un article de presse faisant état de "nombreuses failles" dans le dispositif de sécurité de ce site utra-sensible.

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, "confie à l'inspection générale des armées une enquête approfondie sur la sécurité terrestre, maritime et aérienne de l'Ile Longue", a-t-on indiqué dans son entourage après un article critique cette semaine du quotidien régional Le Télégramme.

"Je tiens à rassurer tous ceux qui craindraient pour la sécurité de notre dissuasion, celle-ci n'est pas en défaut", a ajouté lors d'un point-presse un porte-parole du ministère, Pierre Bayle.

Dans son édition de mardi, le Télégramme de Brest souligne notamment que sur la base, il n'y a "pas de système de contrôle biométrique, qui offre pourtant une incomparable garantie d'authentification grâce à la reconnaissance digitale et/ou de l'iris de l'oeil".

Fer de lance de la dissuasion nucléaire française, l'Ile Longue abrite quatre sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE). C'est aussi en ce lieu que sont assemblés les missiles intercontinentaux pouvant emporter chacun six têtes nucléaires, qui arment ces sous-marins.

Même s'il existe des projets pour améliorer la sécurité, l'identification aujourd'hui des personnels autorisés à pénétrer sur la base "s'effectue au moyen de badges nominatifs équipés d'une simple bande magnétique (très facilement copiable) et d'une photo", explique l'auteur de l'enquête journalistique, Hervé Chambonnière.

Pour les véhicules, le sésame consiste en "un vulgaire morceau de feuille de papier blanc, où figurent quelques informations basiques", selon le quotidien.

Photo prise le 13 juillet 2007 du sous-marin nucléaire "Le Vigileant", à l'Ile Longue, en Bretagne [Francois Mori / Pool/AFP]
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Photo prise le 13 juillet 2007 du sous-marin nucléaire "Le Vigileant", à l'Ile Longue, en Bretagne
 

"Alors que le site est en travaux depuis 2006 (aménagements liés au nouveau missile M51), pourquoi les nombreux camions-bennes et toupies qui y pénètrent, et qui peuvent cacher de grandes quantités d'explosifs ou de nombreuses personnes, ne sont-ils pas systématiquement inspectés, comme nous l'avons constaté à plusieurs reprises à l'entrée de la base?", s'interroge le journaliste.

"A noter, également, l'absence de chicane devant l'entrée de la base et dans la base. Impossible d'empêcher un camion-suicide de parvenir jusqu'à la +cathédrale+, principal sas d'accès au coeur du site, où plusieurs centaines de personnes se pressent aux heures de pointe", affirme aussi le quotidien. Selon lui, "une bonne partie des 115 gendarmes maritimes" affectés à la surveillance "sont gendarmes adjoints volontaires, donc débutants, très jeunes, peu formés (...) et peu payés".

A côté des SNLE, la dissuasion nucléaire française repose aussi sur une composante aérienne avec des missiles atomiques embarqués sur avions-bombardiers.

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