Meurtres de Montigny-lès-Metz: Heaulme conteste son renvoi aux assises

Croquis d'audience réalisé le 8 décembre 2004 du tueur en série Francis Heaulme devant la cour d'assises de la Marne [Laurence de Vellou / AFP/Archives] Croquis d'audience réalisé le 8 décembre 2004 du tueur en série Francis Heaulme devant la cour d'assises de la Marne [Laurence de Vellou / AFP/Archives]

La Cour de cassation rendra sa décision le 25 juin concernant le pourvoi de Francis Heaulme contestant son renvoi devant les assises pour le meurtre de deux enfants de huit ans en 1986 à Montigny-lès-Metz (Moselle).

La défense de Francis Heaulme reproche à l'arrêt de mise en accusation de porter atteinte à sa présomption d'innocence et met en cause l'objectivité du gendarme qui avait recueilli des confidences de Francis Heaulme, qui conteste le double meurtre.

L'avocat général a préconisé à la chambre criminelle de rejeter le pourvoi de Francis Heaulme.

Le 21 mars dernier, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Metz avait estimé que la présence sur les lieux du "routard du crime", déjà condamné à perpétuité pour neuf meurtres, justifiait qu'il réponde devant les assises de la mort en 1986 de Cyril Beining et Alexandre Beckrich.

Les deux garçons de 8 ans avaient été retrouvés le crâne fracassé à coups de pierre le 28 septembre 1986 à proximité d'une voie ferrée dans la périphérie de Metz.

Plus de dix ans après l'acquittement de Patrick Dils, la Justice tente d'écrire l'épilogue d'une affaire dont l'enquête et l'instruction ont été régulièrement critiquées.

Parmi les charges qui pèsent contre Francis Heaulme, 54 ans, des témoins affirment l'avoir vu, le visage ensanglanté, peu de temps après le crime, non loin de la voie ferrée.

La gendarmerie a par ailleurs estimé reconnaître la "quasi-signature criminelle" du tueur en série dans ce double meurtre.

Et malgré des déclarations contradictoires, il a fourni aux enquêteurs une description assez précise des lieux du crime.

"Sur le fond, Francis Heaulme m'a dit qu'il n'a rien fait, et j'ai plusieurs raisons de le croire. Je ne suis pas du tout convaincue de sa culpabilité", a déclaré à l'AFP son avocate, Me Liliane Glock.

"J'ai lancé une flèche, on verra où elle atterrira. C'était mon devoir d'avocat que de former ce pourvoi", a-t-elle ajouté, estimant en outre "qu'il y avait davantage de charges contre Patrick Dils (qui a été blanchi par la justice après avoir passé 15 ans en prison NDLR) lors de son premier procès qu'il y en a aujourd'hui contre Heaulme".

Le tueur en série Francis Heaulme (g) s'entretient avec son avocate Me Liliane Glock (d), le 19 novembre 2002 [Jean-Christophe Verhaegen / AFP/Archives]
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Le tueur en série Francis Heaulme (g) s'entretient avec son avocate Me Liliane Glock (d), le 19 novembre 2002

Absence de pièces à conviction

Alors âgé de 16 ans, l'apprenti cuisinier Patrick Dils avait été interpellé en 1987, puis condamné deux ans plus tard à la réclusion criminelle à perpétuité.

En 2001, il a bénéficié d'une rarissime procédure de révision de son procès, quand la présence de Francis Heaulme à proximité de la scène du crime a été établie. Rejugé, Patrick Dils a été condamné à 25 ans de réclusion criminelle, avant d'être acquitté en 2002, au terme d'un procès à Lyon au cours duquel Francis Heaulme a témoigné.

Après l'annonce du renvoi de ce dernier devant les assises, Patrick Dils s'est dit prêt à témoigner. "Parce qu'au même titre que les familles des victimes, je veux savoir".

Le gendarme Jean-François Abgrall, fin connaisseur du tueur en série, a quant à lui estimé que son renvoi devant les assises "est une suite logique, même si elle est très tardive".

Mais le dossier sera "compliqué à démontrer, parce qu'il n'y a plus de pièces à conviction, avec des témoignages qui seront certainement érodés avec le temps", a-t-il ajouté.

Les familles des victimes espèrent enfin être fixées, à l'issue de ce qui deviendra le quatrième procès de l'affaire.

Francis Heaulme a été mis en examen dès 2006 dans l'affaire de Montigny-lès-Metz, mais a bénéficié d'un non-lieu en 2007, faute de charges suffisantes, avant que deux suppléments d'information soient ordonnés et qu'il soit finalement renvoyé aux assises.

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