Un million d'articles de contrefaçon détruits dans toute la France

Un douanier montre un parfum de contrefaçon, à Marseille, le 11 juin 2013 [Boris Horvat / AFP] Un douanier montre un parfum de contrefaçon, à Marseille, le 11 juin 2013 [Boris Horvat / AFP]

Un million d'articles de contrefaçon saisis ces derniers mois par les douanes ont été passés au broyeur mardi dans toute la France, pour lutter contre un "crime économique" responsable d'un manque à gagner annuel de six milliards d'euros.

En visite au centre d'échange international de la Poste de Chilly-Mazarin (Essonne), où transitent chaque jour 13.000 colis, la ministre du Commerce extérieur Nicole Bricq a donné mardi matin le coup d'envoi de la première Journée nationale de destruction de contrefaçons.

"La contrefaçon n'est pas une infraction bénigne. C'est un crime économique qui touche tous les secteurs, détruit nos emplois et menace les consommateurs", a-t-elle déclaré, appelant également le public à faire preuve de responsabilité. "Il faut savoir ce qu'on achète et où on l'achète".

Les vêtements, les produits-phares

Des produits de contrefaçon saisis à Marseille vont être détruits, le 11 juin 2013 [Boris Horvat / AFP]
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Des produits de contrefaçon saisis à Marseille vont être détruits, le 11 juin 2013

Alors qu'en 1994, 200.000 produits contrefaits étaient interceptés par les douanes, ce chiffre est passé à 2,3 millions en 1998 pour atteindre 8,6 millions en 2011, année record.

L'an dernier, les saisies ont toutefois chuté quasiment de moitié, à 4,6 millions d'articles. Cette baisse s'explique par les effets d'un arrêt de justice européen qui interdit aux douanes de contrôler les produits en transit, a affirmé la ministre.

Ces dernières années, les contrefacteurs ont largement diversifié leur offre, mais les vêtements restent les produits-phares. Viennent ensuite les chaussures, les jeux et jouets, puis les bijoux, parfums, téléphones et médicaments.

Pour repérer les contrefaçons, "on travaille en collaboration avec les marques", a expliqué à l'AFP Sébastien, agent des douanes sur le site de Chilly-Mazarin. "Chaque marque a ses critères. Elles nous les transmettent pour que l'on sache ce qu'on doit inspecter. Par exemple, on va regarder le nombre de trous sur un bouton ou bien l'emplacement d'une étiquette sur un vêtement".

Rolex, Adidas, Burberry...

Des produits de contrefaçon vont être détruits à Vertou, dans l'ouest de la France, le 11 juin 2013 [Frank Perry / AFP]
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Des produits de contrefaçon vont être détruits à Vertou, dans l'ouest de la France, le 11 juin 2013

A Marseille, plus de 36.000 contrefaçons appréhendées ces derniers mois ont ainsi été détruites mardi. Les marques contrefaites: Dolce et Gabbana, Rolex, Converse, Levi's, Adidas, Nike, Lacoste...

A Vertou, près de Nantes, un rouleau compresseur a écrasé plus de 3.000 objets, dont de faux sacs Vuitton, de fausses chemises Burberry, des jeans, des montres ou encore de fausses coques d'iphone.

A Strasbourg, les douanes ont procédé à la destruction de milliers d'articles, notamment des lunettes de soleil, des chaussures, des casques audio et des parfums.

"Cela engendre une perte de chiffre d'affaires et de parts de marché pour les entreprises, c'est six milliards d'euros de manque à gagner" chaque année, a estimé Nicole Bricq.

Mais au-delà du préjudice subi par les marques, les produits contrefaits, notamment les médicaments ou produits de beauté, peuvent également être dangereux pour les consommateurs.

Dans un faux rouge à lèvres Dior, des traces de plomb et de nickel ont ainsi été décelées et le 17 mai dernier et quelque 1,2 million de faux sachets d'aspirine venant de Chine ont été interceptés au Havre (Haute-Normandie).

Les restes de produits contrefaits après destruction, le 11 juin 2013 à Strasbourg [Patrick Hertzog / AFP]
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Les restes de produits contrefaits après destruction, le 11 juin 2013 à Strasbourg

Avec près de 70% des articles saisis, l'Asie représente la première zone de provenance des produits contrefaits, tandis que 30% des contrefaçons, soit environ 1,4 million d'articles, proviennent d'achats sur internet.

Si les produits de luxe représentent environ la moitié de la valeur totale des produits pris par les douanes françaises, les contrefacteurs ne ciblent pas uniquement ce secteur.

Le 15 mai dernier, la brigade de surveillance du port de Marseille a par exemple saisi plus de deux tonnes de "Choco BN" en provenance de Tunisie et destinés à une société basée à Lyon. Des échantillons étant en cours d'analyse, les biscuits n'ont pas été détruits mardi matin. S'ils s'avèrent comestibles, les douanes envisageront de les offrir à des associations.

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