Arbitrage Tapie : Richard et Rocchi présentés aux juges

Stéphane Richard, patron d'Orange, le 28 mai 2013 à Paris [Eric Piermont / AFP/Archives] Stéphane Richard, patron d'Orange, le 28 mai 2013 à Paris [Eric Piermont / AFP/Archives]

Stéphane Richard, patron d'Orange, et Jean-François Rocchi, ex-président du Consortium de réalisation (CDR), vont être présentés mercredi aux juges d'instruction chargés de l'enquête sur l'arbitrage ayant mis fin au litige entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais en vue d'une possible mise en examen, a-t-on appris de source judiciaire.

L'ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde, quand elle était ministre de l'Economie, et l'ancien dirigeant de la structure chargée de gérer le passif du Crédit Lyonnais, étaient entendus depuis lundi par la police sur leur rôle dans la décision de recourir à cet arbitrage.

Leur garde à vue, entamée lundi matin, s'est achevée ce mercredi matin, a-t-on précisé.

Les juges d'instruction du pôle financier de Paris enquêtent sur cet arbitrage qui a permis à l'homme d'affaires Bernard Tapie d'obtenir en juillet 2008 403 millions d'euros d'indemnités, intérêts inclus.

Ils cherchent à savoir si cet arbitrage a été entaché d'irrégularité et s'attachent pour cela à démonter la chaîne de prises de décision ayant conduit au choix de recourir à un tribunal privé.

Ils étudient en particulier le mode de désignation des arbitres et la décision du gouvernement de ne pas contester cet arbitrage malgré des soupçons d'irrégularité.

Le 29 mai, l'un des trois juges du tribunal arbitral, Pierre Estoup, a été mis en examen pour "escroquerie en bande organisée", donnant un tour spectaculaire à cette affaire.

Depuis 2008, Christine Lagarde a toujours revendiqué la responsabilité de l'arbitrage et la décision de renoncer à en demander l'annulation.

Il n'y a eu "ni ordre, ni instruction, ni pression particulière" de l'Elysée pour aller à l'arbitrage, a affirmé à plusieurs reprises à l'AFP l'ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde, Stéphane Richard.

M. Richard a d'ailleurs assuré à l'AFP que la décision de recourir à un arbitrage avait été proposée par M. Rocchi lors d'une réunion à l'été 2007 en présence du secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant. L'ex-patron du CDR a démenti cette version des faits peu après.

Christine Lagarde a de son côté été placée sous le statut de témoin assisté le 24 mai par les juges de la Cour de Justice de la République dans le volet ministériel de l'enquête.

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