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Un voyageur à l'aéroport de Bordeaux-Mérignac le 11 juin 2013 Un voyageur à l'aéroport de Bordeaux-Mérignac le 11 juin 2013 [Nicolas Tucat / AFP]

Les aiguilleurs du ciel se sont fortement mobilisés mercredi et leur grève a entraîné davantage d'annulations de vols et de retards que la veille, tandis que les cheminots, hostiles au projet de réforme du rail, devaient prendre le relais dans la soirée avec de sérieuses perturbations en vue.

Dans les airs, le mouvement, organisé à l'appel de cinq syndicats pour dénoncer le projet de "ciel unique" européen, a été suivi par près de 100% des contrôleurs aériens, "un mouvement exceptionnel", a indiqué la Direction générale de l'aviation civile (DGAC). Malgré les réquisitions, la grève a entraîné l'annulation d'au moins un quart des vols programmés sur l'ensemble du pays et jusqu'à 75% à Roissy et Orly.

Devant la mobilisation, la Direction générale de l'aviation civile (DGAC), qui avait invité par avance les compagnies à réduire leur programme de 50% sur les grands aéroports, a demandé des annulations supplémentaires de 25%.

La DGAC avait prévenu que cette journée serait "plus compliquée", la quasi-totalité des organisations syndicales (CGT, CFDT, Unsa et FO) ayant rejoint le mouvement lancé la veille par le Syndicat autonome des contrôleurs du trafic aérien (SNCTA).

Le tarmac vide de l'aéroport de Montpellier, le 11 juin 2013 [Pascal Guyot / AFP]
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Le tarmac vide de l'aéroport de Montpellier, le 11 juin 2013
 

Des actions étaient prévues dans dix autres pays européens.

Un service minimum a été mis en place dans les centres de route de la navigation aérienne (Reims, Athis-Mons, Brest, Aix-en-Provence et Bordeaux) et au contrôle aérien de Roissy, Orly, Nice, Marseille, Bordeaux, Toulouse notamment, avec la réquisition de personnels.

Un retour à la normale est prévu dès jeudi matin avec la fin de grève des contrôleurs aériens, mais, selon Air France, cela "devrait être très progressif" et Aéroports de Paris (ADP) prévoit "quelques retards et problèmes résiduels" à Roissy-Charles-de-Gaulle et à Orly, où le trafic "ne reviendra tout à fait à la normale" que vendredi.

4 TGV sur 10 en moyenne

Pour les habitués du rail, les déplacements s'annoncent aussi très compliqués. Les syndicats représentatifs CGT, Unsa, SUD-Rail et CFDT ont appelé à faire grève à partir de mercredi 19H00. Le mouvement, prévu jusqu'à vendredi à 8H00, sera "très suivi", a précisé la SNCF, avec seulement quatre TGV et TER sur dix en circulation.

Panneau d'information des voyageurs à la gare Montparnasse à Paris le 12 juin 2013 [Bertrand Guay / AFP]
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Panneau d'information des voyageurs à la gare Montparnasse à Paris le 12 juin 2013
 

La compagnie souligne avoir mis en place "un plan massif d'information", notamment via son site internet et un affichage en gare. En outre, un million de mails devaient être envoyés aux clients abonnés et 500.000 tracts distribués pour indiquer les trains maintenus. Des "gilets rouges" seront mobilisés en nombre pour "aller au contact des clients" dans les gares.

Dans deux régions, les débrayages ont commencé mercredi dans la journée, entraînant de légères perturbations sur des lignes TER (2 sur 3 en Nord-Pas-de-Calais et 3 sur 4 en Provence-Alpes-Côte d'Azur).

Jeudi, les TGV sud-est et province-province seront les lignes à grande vitesse les plus affectées avec 1 train sur 3 en moyenne, contre 4 sur 10 pour le TGV nord, 1 sur 2 sur la ligne Atlantique et 2 sur 3 pour le TGV Est.

Pour les Intercités, la prévision est de 3 trains sur 10. Au niveau régional, la SNCF annonce "plus de 4 services TER sur 10".

En Ile-de-France, le trafic sera également très perturbé: 1 train sur 3 sur les lignes RER B et D, 1 sur 2 pour le RER C et E. Les interconnexions nord-sud Gare du Nord et Gare de Lyon ne seront pas assurées. Seul le RER A devrait être "proche de la normale".

Mercredi soir à la gare du Nord à Paris, une poignée de RER vers la banlieue avaient été supprimés vers 20H00, mais sans entraîner de perturbation. "Ils défendent leur croûte. Je suis un travailleur, ce sont des travailleurs, je les comprends", commentait Said , un voyageur qui a prévu de se "débrouiller" jeudi pour venir travailler à Paris.

"La SNCF, ça commence à bien faire. Leurs prix sont aberrants, il y a toujours des retards, des suppressions", pestait au contraire Carole Gauchet, cadre chez Monoprix, qui viendra jeudi matin tôt en voiture de Combs-la-Ville (Seine-et-Marne) à Paris.

A l'international, le trafic sera diminué en direction de la Suisse (1 sur 2) et de l'Italie (1 sur 3), mais normal sur les lignes Eurostar (Londres), Thalys (Bruxelles, Amsterdam) et Alléo (Allemagne).

 
 

Pour Guillaume Pepy, le patron de la SNCF, "il s'agit de sauver le rail français". La réunion de la SNCF et de Réseau ferré de France (RFF), qui gère l'infrastructure, doit "permettre de gagner considérablement en efficacité", a-t-il dit.

La SNCF emploie 150.000 personnes dans le secteur ferroviaire. La réforme voulue par le gouvernement vise à juguler en dix ans l'endettement du secteur qui atteint aujourd'hui les 30 milliards d'euros.

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