Grève des stations-service en Guadeloupe

Des clients font la queue devant une station service de Jarry, en Guadeloupe, le 12 février 2009 [Julien Tack / AFP/Archives] Des clients font la queue devant une station service de Jarry, en Guadeloupe, le 12 février 2009 [Julien Tack / AFP/Archives]

Les gérants de stations-service en Guadeloupe ont fermé leurs entreprises jeudi pour protester contre un projet de décret révisant les modalités de fixation du prix mensuel des carburants.

Les longues files d'attente qui s'étaient formées devant les stations-service dès l'annonce, lundi soir, de la décision de leurs gérants de les fermer jeudi s'étaient estompées mercredi soir, la quasi-totalité des automobilistes guadeloupéens étant parvenus à faire le plein.

Le président de l'Organisation professionnelle des gérants, Patrick Collet, avait annoncé mercredi soir que les candidats aux baccalauréats et examens de fin d'année n'avaient "pas d'inquiétude à avoir", sans donner plus de précisions sur les modalités que pourraient prendre ce mouvement, annoncé comme illimité.

Les gérants de stations-service de la Guadeloupe où, comme à la Martinique, en Guyane et à La Réunion, le prix des carburants est fixé mensuellement par arrêté préfectoral et qui revendiquent une augmentation de 1,5 centime de leur marge, s'opposent à une révision du décret de novembre 2010.

Ce texte définit les modalités de fixation du prix des carburants, par arrêté préfectoral mensuel, en garantissant des taux de marge constant à chacun des opérateurs de la filière.

Le ministre des Outre-mer, Victorin Lurel, a assuré que sa "réforme est nécessaire", dans une tribune publiée mercredi par les quotidiens France-Antilles (en Guadeloupe et Martinique) et France-Guyane. Ce décret avait été signé de son prédécesseur UMP, Marie-Luce Penchard.

"Le secteur des carburants a dégagé un bénéfice net après impôt d'environ 50 millions d'euros en 2011 dans la zone Antilles-Guyane et d'environ 40 millions d'euros à la Réunion et Mayotte, sans compter les bénéfices des stations services pour lesquelles un chiffre précis ne pourrait être donné qu'en agrégeant des centaines de comptes", avançait le ministre dans cette tribune.

"Ce sont des sommes considérables pour un secteur très largement réglementé (et) cela doit inciter les pouvoirs publics à être particulièrement exigeants en ce qui concerne la transparence des marges", relevait M. Lurel avant d'ajouter que "cet objectif de transparence ne peut être rempli dans le cadre du décret actuel, il faut donc le réformer".

Les gérants de stations-service, qui estiment que "cette réforme n'apporte rien", font valoir qu'ils emploient un millier de pompistes bénéficiaires d'une convention collective locale et affirment craindre qu'elle ne remette en question "le modèle social que nous avons construit" sans permettre, selon eux, "aux consommateurs de bénéficier d'un prix plus attractif".

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