Grève : le point sur les perturbations

Les voyageurs arrivent en masse à la gare Saint Lazare à Paris, le 13 juin 2013 alors qu'une grève nationale perturbe le trafic ferroviaire Les voyageurs arrivent en masse à la gare Saint Lazare à Paris, le 13 juin 2013 alors qu'une grève nationale perturbe le trafic ferroviaire [Eric Feferberg / AFP]

La grève à la SNCF contre la réforme ferroviaire était largement suivie jeudi par les agents de conduite et les contrôleurs, provoquant de fortes perturbations dans le trafic, mais sans entraîner de pagaille dans les gares, selon les éléments recueillis par l'AFP.

Le taux de participation à la grève des 150.000 salariés de l'entreprise publique était à 33,2% pour l'ensemble du personnel, à 68,6% pour les agents de conduite et 70,4% pour les contrôleurs, selon la direction de la SNCF en fin de matinée.

La CGT, premier syndicat des cheminots, a de son côté comptabilisé 50,3% grévistes toutes catégories confondues. La grève, lancée à l'appel des syndicats CGT, SUD Rail, Unsa, CFDT ,FO et First doit prendre fin vendredi à 08H00.

Globalement, dans toutes les régions, le trafic était conforme aux prévisions avec quatre trains sur dix en moyenne.

En Ile-de-France, le trafic était très perturbé sur les lignes B et D du RER avec 1 train sur 3 et les interconnexions nord-sud n'étaient pas assurées Gare du Nord et Gare de Lyon.

Pour les RER C et E, 1 train sur 2 roulait en moyenne et le service était "proche de la normale" sur le RER A.

Les TGV Sud-Est et province-province étaient les plus affectées avec 1 train sur 3 circulant en moyenne.

Pour le TGV Nord, la prévision est de 4 trains sur 10 et de respectivement 1 train sur 2 et 2 trains sur 3 pour les lignes Atlantique et Est.

Des clients s'informent le 13 juin 2013 des conséquences de la grève nationale à la SNCF à la gare Saint Charles, à Marseille [Anne-Christine Poujoulat / AFP]
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Des clients s'informent le 13 juin 2013 des conséquences de la grève nationale à la SNCF à la gare Saint Charles, à Marseille
 

Sur les "Intercités", 3 trains sur 10 circulaient.

Au niveau régional, la SNCF prévoit "plus de 4 services TER sur 10" en moyenne sur le territoire national, sachant qu'il existe des disparités en région.

A l'international, le trafic sera réduit vers la Suisse et l'Italie mais normal sur les lignes Eurostar (Londres), Thalys (Bruxelles, Amsterdam) et Alléo (Allemagne).

Réforme ferroviaire et emplois

La SNCF a mis en place un important système d'information : affichage, tracts distribués dans les gares, messages aux clients et présence de nombreux "gilets rouges" pour aider les voyageurs.

La foule de voyageurs coincée le 13 juin 2013 à la gare Saint Lazare, à Paris [Eric Feferberg / AFP]
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La foule de voyageurs coincée le 13 juin 2013 à la gare Saint Lazare, à Paris
 

A Denfert-Rochereau, dans le centre de Paris, les voyageurs qui souhaitaient se rendre vers la banlieue nord ou l'aéroport Charles-de-Gaulle ont découvert qu'ils allaient devoir descendre à la Gare du Nord et emprunter un autre train qui circule toutes les 20 minutes environ. "Il n'y a pas de train direct, c'est un souci", a déploré Mathieu, en route vers Villepinte (Seine-Saint-Denis). "Les retards, ça arrive souvent", a-t-il déploré, résigné.

Vers 07H00, Gare du Nord, les quais n'étaient pas bondés et les usagers plutôt calmes. "Les gens ont été prévenus, ils ont dû prendre leur voiture", constatait Géraldine. Elle et son amie n'avaient pas le choix, elles devaient attendre le prochain train annoncé 15 minutes plus tard pour rejoindre leur lieu de stage: "on a prévenu nos employeurs, donc pas de stress".

Morgane Rodriguez, 19 ans, qui doit emprunter le RER B puis le RER C, pour se rendre de Villepinte jusqu'au sud-ouest de Paris est partie 02h15 en avance de chez elle contre 01h15 habituellement. "Ça fait un an que je fais ce trajet, tôt le matin et tard le soir, j'en ai marre. Retards, pannes, grèves, il y a toujours quelque chose".

Valise à la main, les touristes étrangers voulant rejoindre l'aéroport Charles-de-Gaulle semblaient, eux, un peu perdus devant les messages d'information diffusés en français.

 
 

Se voulant rassurant, le ministre délégué aux Transports,Frédéric Cuvillier, a insisté devant la presse sur le fait que le projet n'était "pas encore écrit" et ne visait pas à "la libéralisation" du rail. Il a rappelé qu'une telle réforme est "une urgence parce que le système ferroviaire aujourd'hui est lesté de 32 milliards de dettes".

"Sans cette réforme, le système français irait dans le mur", a pour sa part déclaré le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, expliquant que la réunion de la SNCF et de Réseau ferré de France (RFF), qui gère l'infrastructure, doit "permettre de gagner considérablement en efficacité".

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