SNCF: les cheminots en grève, le trafic des trains s'annonce fortement perturbé

Quais déserts à la gare du nord le 12 juin 2013 [Joel Saget / AFP] Quais déserts à la gare du nord le 12 juin 2013 [Joel Saget / AFP]

Au lendemain de la forte mobilisation des contrôleurs aériens, les cheminots sont en grève à leur tour jeudi pour s'opposer à la future réforme ferroviaire et le trafic s'annonce très perturbé avec en moyenne quatre TGV et TER sur dix en circulation.

Ce mouvement, à l'appel de la CGT, la CFDT, SUD Rail et l'Unsa, devrait être "extrêmement bien suivi avec un cheminot en grève sur deux", a estimé Gilbert Garrel, secrétaire général de la CGT cheminots, premier syndicat de la SNCF.

Le mouvement a commencé mercredi à 19H00 et doit prendre fin vendredi à 08H00. Dans le Nord-Pas-de-Calais et en Provence-Alpes-Côte d'Azur, les débrayages avaient débuté un peu plus tôt mercredi entraînant quelques perturbations dans les TER.

En moyenne, quatre TGV sur dix doivent circuler. Les lignes à grande vitesse les plus affectées, selon la SNCF, sont les TGV sud-est et province-province avec 1 train sur 3 en moyenne, contre 4 sur 10 pour le TGV nord, 1 sur 2 sur la ligne Atlantique et 2 sur 3 pour le TGV Est. Sur les "Intercités", 3 trains sur 10 devraient circuler et au niveau régional, la SNCF annonce "plus de 4 services TER sur 10".

En Ile-de-France, la circulation des trains s'annonce également très perturbée: 1 train sur 3 sur les RER B et D; 1 sur 2 sur le RER C et E. Les interconnexions nord-sud Gare du Nord et Gare de Lyon ne seront pas assurées. Seul le RER A devrait être "proche de la normale".

A l'international, le trafic sera réduit vers la Suisse (1 sur 2) et l'Italie (1 sur 3) mais normal sur les lignes Eurostar (Londres), Thalys (Bruxelles, Amsterdam) et Alléo (Allemagne).

Un train à la gare du nord le 12 juin 2013 [Joel Saget / AFP]
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Un train à la gare du nord le 12 juin 2013

La SNCF a mis en place un important système d'information : affichage, tracts distribués dans les gares, messages aux clients et présence de nombreux "gilets rouges" pour aider les voyageurs.

Outre la réforme ferroviaire , inquiétude sur les emplois et les salaires.

A l'origine du mouvement, la réforme du ferroviaire. Les syndicats estiment qu'une "réforme est nécessaire" mais que celle du gouvernement est très loin de leurs attentes. La réforme projetée est "plus faite pour répondre aux exigences libérales de Bruxelles que pour réunifier. On dit depuis des années que le système ferroviaire est plombé par une dette de 40 milliards d'euros, et il n'y a aucune proposition dans ce projet si ce n'est de dire cela va se +travailler+ sur la productivité des cheminots", a affirmé à l'AFP M. Garrel.

Les syndicats s'inquiètent aussi du projet de créer trois établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC), qui, selon eux, laisse la porte ouverte à un éclatement du système ferroviaire.

Guillaume Pepy le 13 mars 2013 à Paris [Eric Piermont / AFP/Archives]
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Guillaume Pepy le 13 mars 2013 à Paris

"Sans cette réforme, le système français irait dans le mur", a pour sa part déclaré le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, en expliquant que la réunion de la SNCF et de Réseau ferré de France (RFF), qui gère l'infrastructure, doit "permettre de gagner considérablement en efficacité".

Outre la réforme, les syndicats protestent aussi contre les suppressions d'emplois. Gilbert Garrel souligne que la SNCF a perdu "10.000 cheminots en cinq ans". "Guillaume Pepy disait qu'il allait stabiliser les effectifs, mais dans les faits, il supprime encore 2.000 cheminots en 2013", a-t-il ajouté.

"Ensuite, sur les salaires, on a une baisse du pouvoir d'achat de plus de 5% et encore cette année, alors que les négociations salariales commencent vendredi, on nous prévient déjà que cela va être un gel", déplore le patron de la CGT Cheminots.

La SNCF emploie 150.000 personnes dans le secteur ferroviaire et quelque 15.000 trains circulent quotidiennement.

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