Procès : 15 ans pour un mari violent

Une écoutante de la plate-forme téléphonique du 3919, n° d'appel  destiné aux femmes victimes de violences conjugales [Jacques Demarthon / AFP/Archives] Une écoutante de la plate-forme téléphonique du 3919, n° d'appel destiné aux femmes victimes de violences conjugales [Jacques Demarthon / AFP/Archives]

Un homme de 50 ans a été condamné vendredi soir à Strasbourg à 15 ans de réclusion criminelle pour avoir violé et tenté de tuer son épouse, qui n'avait dû son salut qu'à un téléphone portable d'urgence, confié aux femmes battues par la police.

"Il est évident que sans ce téléphone, ma cliente serait morte aujourd'hui", a expliqué à l'AFP Me Léa Toledano, l'avocate de la victime. Le soir des faits, l'épouse était "complètement terrorisée, elle avait une peur panique", a-t-elle raconté.

Ce soir-là, le 19 juillet 2011, Claude Moemersheim avait été interpellé avec un couteau dans la manche, alors qu'il se trouvait dans un restaurant de Strasbourg avec son épouse.

Celle-ci, de trois ans sa cadette, venait de réussir à appeler la police au moyen d'un téléphone portable spécifique, directement relié aux forces de l'ordre, et que le parquet lui avait remis dans le cadre d'un dispositif expérimental destiné à protéger les femmes victimes de violences conjugales.

Elle bénéficiait de ce dispositif car son mari, dont elle était séparée, était alors placé sous contrôle judiciaire parce qu'il était soupçonné de l'avoir violée deux mois plus tôt. Dans le cadre de ce contrôle judiciaire, il avait interdiction d'entrer en contact avec elle.

Lors des deux jours de procès, l'accusé a nié toute intention d'avoir voulu "faire du mal" à son épouse. Mais ces dénégations n'ont pas trouvé crédit aux yeux de l'avocate générale, Lydia Pflug, qui avait requis 15 ans.

Le dispositif de téléphone d'urgence pour femmes victimes de violences intra-familiales permet de mettre en relation en appuyant sur une simple touche une victime potentielle avec un professionnel de la lutte contre ces violences. Il est expérimenté en Seine-Saint-Denis, à Paris, dans le Bas-Rhin et dans le Nord, notamment.

Le système est très répandu en Espagne, où plus de 8.800 portables ont été distribués.

Les appareils de dernière génération incluent une fonction de géolocalisation, qui permet à la police d'intervenir même si la femme en danger n'est pas en mesure de dire où elle se trouve.

Le gouvernement a annoncé en mai qu'il comptait généraliser ce dispositif à l'ensemble de la France en 2014.

Hausse des morts violentes au sein des couples en 2012

Vous aimerez aussi

Faits divers Agression homophobe à Paris : un mineur mis en examen pour «violences aggravées»
Fait divers Isère : cinq jeunes suspectés d'avoir violé et torturé un handicapé pendant un mois
Enquêteurs après l'agression à l'arme blanche qui a fait sept blessés, dont quatre grièvement, le 9 septembre 2018 à Paris [Zakaria ABDELKAFI / AFP/Archives]
Justice Agressions au couteau à Paris : le suspect mis en examen et placé en détention provisoire

Ailleurs sur le web

Derniers articles