Hollande affirme avoir agi rapidement contre la crise

François Hollande et le journaliste Thomas Sotto sur le plateau de Capital (M6), à Neuilly-sur-Seine le 16 juin 2013 [Jacques Demarthon / AFP] François Hollande et le journaliste Thomas Sotto sur le plateau de Capital (M6), à Neuilly-sur-Seine le 16 juin 2013 [Jacques Demarthon / AFP]

François Hollande a assuré dimanche soir avoir pris la mesure de la crise dès son arrivée au pouvoir, balayant les reproches d'attentisme en expliquant avoir lancé très rapidement les mesures pour relancer l'économie même si "les résultats tardent".

"Vous croyez que je ne l'ai pas vue, la crise?", s'est d'emblée défendu le chef de l'Etat sur le plateau de Capital, une des émissions phare de M6.

Pour fluidifier le marché du logement, il a annoncé la mise en place d'un abattement exceptionnel pour 2014 sur les plus-values de cessions immobilières.

"Je l'ai prise cette crise en pleine face pendant la campagne présidentielle, ensuite le vent a soufflé plus fort", a dit François Hollande soulignant que dès son arrivée au pouvoir, le gouvernement "a pris la mesure" et "a pris les mesures".

"Ce n'est pas le rythme des réformes qui est jugé trop lent, ce sont les résultats qui tardent", a-t-il aussi assuré.

"Je n'ai pas attendu (...) Les réformes ont été lancées", a-t-il souligné, citant notamment "le pacte de compétitivité", "les emplois d'avenir et les contrats de génération" pour combattre le chômage. Des solutions de retour à l'emploi de nature selon lui à "donner du pouvoir d'achat".

"Exercice de pédagogie populaire"

"Je comprends les impatiences et en même temps je sais ce qu'est la réalité de mon pays", a-t-il aussi affirmé relevant que "la France qui a pris un retard depuis longtemps" et que sa "mission est de la faire avancer".

François Hollande sur le plateau de Capital, une émission de M6, le 16 juin 2013 à Neuilly-sur-Seine [Jacques Demarthon / AFP]
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François Hollande sur le plateau de Capital, une émission de M6, le 16 juin 2013 à Neuilly-sur-Seine
 

Il a maintenu son objectif d'inverser la courbe du chômage à la fin de l'année.

Entre les reportages, qui doivent rythmer l'émission, dont le premier était consacré au logement, le président de la République répond en direct aux questions du présentateur Thomas Sotto.

Il n'a pas été sollicité pour réagir à l'annonce, juste avant le début du magazine de l'élimination du PS au 1er tour, de la législative partielle du Lot-et-Garonne, visant à pourvoir le siège laissé vacant par l'ancien ministre du Budget Jerôme Cahuzac. Un "désaveu cinglant" pour lui, selon l'UMP.

Lors de cet "exercice de pédagogie populaire", François Hollande doit surtout "mettre en cohérence" les réformes déjà menées, montrer que le gouvernement "tient le cap" et reste "dans une constance absolue", a prévenu son entourage.

Sa prestation le 28 mars sur France 2, avec l'exposition un peu laborieuse de sa "boîte à outils" anti-crise, n'avait pas convaincu.

Le thème du magazine, "la France en panne: comment faire sauter les verrous?", doit lui permettre d'expliciter "le choc de simplification" qu'il s'est engagé à conduire pour desserrer les freins administratifs, et doper du même coup l'esprit d'entreprise et la croissance, sur fond de récession et d'explosion du chômage.

"La France en panne"

Un "choc" jugé insuffisant dimanche par le réseau d'entrepreneurs CroissancePlus.

La récente controverse sur le régime de l'auto-entrepreneur, que le gouvernement prévoir de réformer en limitant dans la durée son statut fiscal avantageux, devrait également être abordé.

"Il est important aujourd'hui que le président nous dise que les entreprises font partie du patrimoine du pays et comme tout patrimoine, elles doivent être d'abord protégées et non pas agressées", a dit dimanche sur Europe 1 l'ancien Premier ministre UMP Jean-Pierre Raffarin.

Outre le logement, les reportages de l'émission étaient centrés sur quelques grands sujets : la compétitivité des entreprises françaises face aux allemandes, la "grande gabegie" des arrêts maladie et le chômage des jeunes.

Sur ce dernier thème, les outils votés par la nouvelle majorité (emplois d'avenir, contrats de génération etc) tardent à produire des résultats concrets, alors que le nombre de demandeurs d'emploi dépasse les 3,26 millions, un niveau jamais atteint. D'après le dernier bilan du ministère du Travail, 25.000 emplois d'avenir (en partie subventionnés, destinés aux jeunes peu ou pas diplômés) ont été signés pour un objectif de 100.000 d'ici à la fin de l'année.

A proximité des locaux de M6 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), plusieurs centaines de manifestants anti-mariage gay se sont rassemblés en début de soirée dans un concert de sifflets et de vuvuzelas.

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