Pour les habitants de Villeneuve-sur-Lot, le score du FN exprime un ras-le-bol

Des habitants de Villeneuve-sur-Lot sur la place du marché, le 18 mai 2013 [Jean Pierre Muller / AFP/Archives] Des habitants de Villeneuve-sur-Lot sur la place du marché, le 18 mai 2013 [Jean Pierre Muller / AFP/Archives]

Des habitants de Villeneuve-sur-Lot, ancien fief de Jérôme Cahuzac, se disaient lundi matin dépités par le score du FN, qui a viré en tête dans cette ville lors de la législative partielle de dimanche, sans vouloir cependant faire porter le chapeau à l'ex-ministre du Budget.

Dans les rues de Villeneuve, lundi matin, les habitants semblaient sonnés et lassés des journalistes à qui beaucoup refusaient de parler.

Pour l'ensemble de la troisième circonscription du Lot-et-Garonne, l'UMP est arrivée dimanche en tête avec 28,71% des suffrages pour Jean-Louis Costes, suivi du FN Etienne Bousquet-Cassagne, 26,04% et du PS Bernard Barral (23,69%), éliminé.

Mais ici, dans la ville dont Jérôme Cahuzac fut maire entre 2001 et 2012, aujourd'hui frappée par un fort taux de chômage (11,9%), le FN est arrivé en premier avec 27,64% des voix, devant Bernard Barral (25,04%), et Jean-Louis Costes (24,99%).

"Je suis écoeurée. Les gens ont vraiment la mémoire courte, ils ont oublié ce que Monsieur Cahuzac a fait pour leur ville et n'ont vu que les faits qui lui sont reprochés", tempête Muriel, évoquant ce choix des habitants et sans comprendre ce vote de contestation, même si elle-même a voté Front de gauche, et délaissé le candidat PS.

Bernard Barral, le candidat du PS éliminé dès le 1er tour, le 16 juin 2013 à la législative partielle dans le Lot-et-Garonne, fief de Jérôme Cahuzac [Mehdi Fedouach / AFP]
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Bernard Barral, le candidat du PS éliminé dès le 1er tour, le 16 juin 2013 à la législative partielle dans le Lot-et-Garonne, fief de Jérôme Cahuzac

"Je trouve dommage que les gens soient aussi inconséquents en matière d'élection parce qu'on vote pour des idées et pas contre ou parce qu'on est de mauvaise humeur", regrettait de son côté Romain, septuagénaire de gauche.

"Choix de Sophie"

Cette élimination, c'est surtout l'expression "d'un ras-le-bol général même si l'affaire de Jérôme Cahuzac", mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale, "y est pour beaucoup", estime de son côté le retraité Jean-François Chevreau.

Son sentiment est partagé par Helyette Debauve-Moretti, artiste peintre retraitée, pour qui la percée du FN traduit "un désenchantement par rapport à la politique de François Hollande qui manque de dynamisme".

Pour elle aussi, le vote à Villeneuve-sur-Lot est à l'image d'un ressenti sur le plan national, bien au-delà de l'affaire Cahuzac.

A gauche, tous n'étaient pas séduits par l'appel à un front républicain contre le FN pour le second tour de cette législative partielle, le 23 juin.

Portraits des deux candidats au second tour de la législative partielle à Villeneuve-sur-Lot, Jean-Louis Costes (g) de l'UMP et Etienne Bousquet-Cassagne du FN [Mehdi Fedouach / AFP]
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Portraits des deux candidats au second tour de la législative partielle à Villeneuve-sur-Lot, Jean-Louis Costes (g) de l'UMP et Etienne Bousquet-Cassagne du FN

"Pour moi, c'est le choix de Sophie, voter à droite ne représenterait pas mon idéologie alors je préfère m'abstenir et je n'irai pas voter au second tour" pour le candidat UMP Jean-Louis Costes, expliquait Muriel, 50 ans, originaire de la région parisienne.

"Je vais m'abstenir ou voter nul", disait aussi Gisèle, 30 ans, l'air dubitatif devant les panneaux électoraux.

D'autres sympathisants de gauche affirment qu'ils feront comme au deuxième tour de l'élection présidentielle en avril 2002, quand Jacques Chirac s'était retrouvé face à Jean-Marie Le Pen.

"Je vais suivre la consigne de vote, il ne nous reste plus que ça à faire", reconnaissait un peu résigné Serge. Romain, votera de même, sans se réjouir, pour l'UMP: "C'est le devoir civique qui s'impose".

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