302 sans-abri "morts de la rue" récensés depuis six mois en France

Un morceau de carton qui sert de couchette, dans une rue de Bordeaux [Jean-Pierre Muller / AFP/Archives] Un morceau de carton qui sert de couchette, dans une rue de Bordeaux [Jean-Pierre Muller / AFP/Archives]

Trois cent deux sans-abri, morts dans la rue ou des suites d'une longue période à la rue, ont été recensés ces six derniers mois en France, a-t-on appris auprès du Collectif "Les morts de la rue", qui organise une cérémonie d'hommage mardi soir à Paris.

Tous les six mois, le collectif fait la liste macabre des SDF décédés dont il a eu connaissance, avec l'aide des associations, des institutions, des particuliers ou des médias. Le chiffre, loin d'être exhaustif, fait parfois état de décès plus anciens, remontant à plusieurs années, mais dont il n'a eu connaissance que récemment.

De novembre 2012 à mai 2013, "302 décès ont été recensés. Et depuis début 2013, 183 SDF sont morts", a précisé à l'AFP Christophe Louis, président du Collectif.

Le faire-part de décès, qui sera lu mardi soir par des bénévoles lors d'une cérémonie d'hommage, résume en quelques mots l'histoire de chacun: "Philippe Gillet, dit +Fifi+, 51 ans, mort le 7 janvier 2013, rue de Clignancourt à Paris 18e", "Jean-François Mendy, 46 ans, mort le 26 février dans une rue de Rouen".

Certains n'ont qu'un prénom ou un surnom : "Magali, 31 ans, morte le 17 janvier à Rennes", "Alain, dit +Kojak+, 46 ans, mort en avril à Strasbourg". D'autres n'ont pas pu être identifié: "Un homme, 29 ans, mort le 21 mars, boulevard Victor Tuby dans le vieux Cannes", "une jeune mineure, morte le 2 février rue Joyeuse à Avignon".

Tous ne sont pas morts dans la rue, mais parfois à l'hôpital, dans un hébergement ou un logement, après des années d'errance: c'est le cas pour "Alain Haussy, 45 ans environ, mort le 9 novembre lors d'une première nuit à l'hôtel après des mois de rue à Valencienne" ou "Dominique, 50 ans, mort le 8 avril chez lui à Rennes, après un parcours de rue".

"Il y a un phénomène de décompensation. Dans la rue, c'est la survie, le corps s'est adaptée à cette situation difficile. Et quand ils rentrent dans un logement, les défenses s'affaissent, et une maladie non traitée peu ressurgir, une baisse de moral peut aussi jouer, car ils se retrouvent parfois isolés, avec une perte de repère, une perte d'amis", explique Christophe Louis.

"Ces personnes ont vécu en moyenne 51 ans, alors que l'espérance de vie en France est de 81,5 ans. Quelles que soient les politiques, la vie et la mort à la rue continuent", se désole-t-il.

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