Hélie Denoix de Saint Marc (1922-2013)

Hélie Denoix de Saint-Marc en novembre 2011[JEAN-PHILIPPE KSIAZEK]

L'ancien officier de Légion Étrangère Hélie Denoix de Saint Marc est décédé lundi matin dans la Drôme. Son décès clôt un destin qui résume trois des plus grandes tragédies historiques de la France du XXe siècle.

 

Hélie de Saint-Marc, qui avait été élevé à la dignité de Grand Officier de la Légion d'Honneur en novembre 2011, s'est éteint lundi matin à l'âge de 91 ans. Son itinéraire l'avait conduit au coeur de la Résistance, dans les rizières d'Indochine et dans les djebels d'Algérie. Lors du putsch des généraux d'avril 1961, il avait suivi la révolte et avait été emprisonné durant cinq années.

 

La résistance et Buchenwald

Dès l'âge de 19 ans, Hélie de Saint Marc s'engage dans la résistance dans le réseau Jade-Amicol, actif dans le Sud-Ouest de la France et lié aux services spéciaux britanniques. Trahi, il fut arrêté en juillet 1943 et déporté au camp de Buchenwald. Sur le millier de déportés de son convoi, seule une trentaine parvient à survivre. Après la libération du camp, Hélie de Saint Marc revient en France dans un état de faiblesse extrême.

 

La légion et l'Indochine

Le jeune homme ne tarde pas à intégrer l'école spéciale militaire de Saint-Cyr qui forme les cadres de l'armée française. Dès 1948, il rejoint l'Indochine où il sert dans la Légion Étrangère, dont il rejoindra les unités parachutistes en 1951. Après les accords de Genève, il est contraint d'abandonner les partisans autochtones qu'il avait assuré de sa protection. Cette tragédie le marque à jamais.

 

L'Algérie et la révolte

Officier du 1er régiment étranger de parachutistes (1er REP), il participe à certaines des opérations les plus dures de la guerre d'Algérie. En avril 1961, alors qu'il commande le régiment par intérim, il décide de le rallier au putsch déclenché afin de faire obstacle à la politique algérienne du général de Gaulle. 

 

La détention et la mémoire

Hélie de Saint Marc sera détenu cinq années durant à la prison de Tulle. Sa déclaration a son procès est devenue célèbre : "On peut demander beaucoup à un soldat, en particulier de mourir, c’est son métier. On ne peut lui demander de tricher, de se dédire, de se contredire, de mentir, de se renier, de se parjurer". Après sa libération, il travaillera dans l'industrie avant que la publication de ses mémoires, intitulée Les Champs de Braise, ne lui donne une soudaine notoriété et le conduise à multiplier les témoignages.

 

Une vidéo de 2007 : 

 

Bernard Coll : "Il faut reconnaître l'abandon délibéré des harkis"

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