Le maire de Colombes dénonce l'escalade de la violence

Des voitures de polices à Colombes, sur les lieux d'une fusillade [Mehdi Fedouach / AFP/Archives]

La ville de Colombes (Hauts-de-Seine) a été le théâtre de deux fusillades les 3 et 4 septembre. Son maire Philippe Sarre s’inquiète de cette recrudescence de violence.

 

"C’est la 16e fusillade de ce type en deux ans", regrette l’élu socialiste. Mardi soir, un nouvel échange de tirs a secoué la cité des Côtes-d'Auty à Petit-Colombes, un quartier sensible de la ville, moins de 24 heures après un premier incident entre bandes rivales qui a fait un blessé. Des agressions liées au trafic de stupéfiants et à des conquêtes de territoires, selon la mairie.

"Fin 2011-début 2012, nous avions déjà connu une série d’épisodes de ce type", souligne Philippe Sarre. Le mode opératoire semble être le même que l’année dernière, avec des tirs au niveau des jambes qui visent à intimider plutôt qu’à tuer. Si un jeune homme a dû être transporté à l’hôpital de Nanterre lundi soir après avoir reçu un projectile de 9mm, aucune victime n’a été recensée après la dernière échauffourée.

 

La police manque de moyens

Après huit mois d’accalmie, "nous avons été surpris de la reprise de la violence car un travail de police d’ampleur et les travaux de réaménagement menés dans le quartier avaient permis de désorganiser le trafic", précise l'édile. En effet, la ville a signé, en 2008, avec l'agence nationale de rénovation urbaine (Anru) une convention pluriannuelle de plus de 200 millions d’euros afin de transformer les quartiers.

Pour Philippe Sarre, le principal danger aujourd’hui reste la balle perdue. "La population est inquiète, assure-t-il, même si elle sait qu’il s’agit de règlements de comptes entre voyous, le danger existe".

La brigade de CRS venue en renfort dans la nuit de mardi à mercredi restera déployée dans les jours qui viennent pour venir en aide aux 120 policiers qui travaillent sur la ville. "Il faut se montrer très ferme envers les trafiquants, en tout quelques dizaines de jeunes, et rassurer la population", a déclaré le préfet des Hauts-de-Seine, Pierre-André Peyvel. 

Mais pour Philippe Sarre, il faut trouver des solutions pérennes. "Depuis des années, je demande un renfort policier. Je renouvelle avec force cette demande, car il faut redoubler d’efforts pour mener cette guerre contre la délinquance", rappelle-t-il. Une requête qu’il ne manquera pas de rappeler jeudi matin lors de la réunion de crise à la préfecture des Hauts-de-Seine ou ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, qu’il a demandé à rencontrer.

L'enquête sur les dernières fusillades a été confiée au service départemental de la police judiciaire des Hauts-de-Seine.

 

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