Jean-Luc Romero : "On doit pouvoir choisir sa mort"

Jean-Luc Romero. [© Franck Laguilliez]

C’était un des engagements de campagne de François Hollande : un projet de loi sur la fin de vie pour 2013. Dans son livre Laissez-nous mourir dans la dignité ! (éd. Jean-Claude Gawsewitch) qui paraît jeudi 12 septembre, Jean-Luc Romero, président de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) et conseiller régional apparenté PS, interpelle le président de la République pour que cette nouvelle loi offre un choix aux patients.

 

Pourquoi jugez-vous la loi Leonetti sur la fin de vie insuffisante ?

Parce que huit ans après, cette loi constitue une forme de régression. Les grands professeurs belges ont écrit une lettre ouverte au président François Hollande cet été pour lui dire que la sédation (autorisée par la loi Leonetti, ndlr), qui consiste à laisser mourir le patient de faim et de soif, n’assure pas une mort paisible. Les gens meurent dans des souffrances incroyables.

 

Quelles mesures préconisez-vous pour y remédier ?

Alors que c’est illégal en France, il y a dans les faits plus de 4 000 euthanasies pratiquées par an dont les circonstances restent obscures. Pour sortir de cette dérive, il faut se mobiliser pour que la loi s’attache à la volonté des patients. Chacun doit pouvoir choisir les conditions de sa propre mort : des soins palliatifs, l’euthanasie ou encore le suicide assisté.

 

François Hollande risque-t-il de ne pas tenir sa promesse ?

Les cabinets ministériels et les élus sont terrorisés par ce qui s’est passé avec le mariage pour tous. Mais on ne peut pas laisser une minorité décider. François Hollande, là aussi, doit tenir bon.

 

Pourquoi est-il encore si difficile de parler d’euthanasie en France ?

Aujourd’hui il y a neuf français sur dix qui y sont favorables. Ce n’est pas difficile pour les gens, c’est surtout difficile pour l’élite, pour certains, à l’image de Jean Leonetti, qui refusent de donner la parole aux patients et considèrent l’euthanasie comme une transgression mais aussi pour les parlementaires pro-vie qu’on a découvert lors du débat sur le mariage pour tous. 

 

Un projet de loi sur la fin de vie en 2013

Le Comité d'éthique dit non au suicide assisté

 

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