Noël : les Français dépenseront moins, mais préserveront leurs enfants

La foule se presse devant un grand magasin à l'approche de Noël le 15 décembre 2011 à Paris [Franck Fife / AFP/Archives] La foule se presse devant un grand magasin à l'approche de Noël le 15 décembre 2011 à Paris [Franck Fife / AFP/Archives]

Les Français, plus pessimistes que jamais, vont revoir pour la première fois depuis 2010 leur budget à la baisse pour Noël, en rognant même sur les cadeaux mais en préservant malgré tout leurs enfants, selon Deloitte.

Selon une enquête réalisée par le cabinet d'études auprès de 17.354 consommateurs européens, dont 1.595 Français, le budget consacré aux cadeaux, repas de Noël, et sorties de fêtes par les consommateurs hexagonaux sera cette année de 531 euros.

Cela représente une baisse de près de 1% (-0,9%), renouant avec la tendance négative observée durant la crise, après deux années consécutives de hausse.

Sur ce point, les Français se situent à l'inverse de leurs voisins européens, qui pour la première fois depuis 2008, prévoient un budget en légère hausse (+0,7%), tiré par les hausses notables constatées chez les Allemands (+6,7%), les Suisses (+3%) et les Finlandais (+1,3%).

Marché de Noël sur les Champs Elysées le 16 décembre 2012 à Paris [Jacques Demarthon / AFP/Archives]
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Marché de Noël sur les Champs Elysées le 16 décembre 2012 à Paris
 

Cette année, c'est le pessimisme des Français, non pas tant sur la situation de l'économie que sur leur situation personnelle actuelle et à venir, qui pèse particulièrement.

En 2013, la part des Français considérant que leur pouvoir d'achat a baissé augmente d'un point, tandis que 4 Français sur 10 (+4 points) estiment que leur situation personnelle va encore se détériorer en 2014.

"Même si les Français veulent toujours se faire plaisir à Noël, près d'un tiers ont le sentiment de voir augmenter inexorablement leurs impôts et leurs dépenses contraintes, ce qui atrophie considérablement leurs marges de manoeuvres en terme de budget, y compris lors de la période jusqu'ici relativement préservée des fêtes", constate Stéphane Rimboeuf, associé chez Deloitte.

Même si les cadeaux constituent toujours largement le premier poste de dépenses des Français à Noël, cette année, l'argent qui leur sera consacré sera lui aussi revu à la baisse, pour tomber à 302 euros (-2,7% par rapport à 2012).

En Europe, seuls la Grèce (-15,6%) et l'Espagne (-5%) prévoient de faire des coupes plus drastiques.L'argent consacré au repas est en revanche un peu plus important que l'an dernier (+2%), montrant "l'attachement des Français à ce moment de convivialité".

Achat dans un magasin de jouets le 12 décembre 2012 à Chambray-Lès-Tours [Alain Jocard / AFP/Archives]
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Achat dans un magasin de jouets le 12 décembre 2012 à Chambray-Lès-Tours
 

Si l'heure est globalement aux économies, les enfants restent malgré tout préservés, étant les seuls à voir le budget qui leur est consacré augmenter cette année.

"Pour les parents français, le Noël des enfants reste sacré", explique Stéphane Rimboeuf, associé chez Deloitte.

Ces derniers seront donc privilégiés, les Français leur réservant 47% de leur budget cadeaux, au détriment des présents pour les adultes qui feront l'objet d'arbitrages importants (-5%).

A noter, une préférence marquée pour ses propres enfants (par rapport à ceux de la famille plus éloignée), avec un budget réservé en hausse de 3% à 101 euros, soit "34% du budget total" consacré aux cadeaux.

Cette année, les Français opteront pour moins de cadeaux par enfant (3,5 cadeaux), mais d'une valeur plus importante (49 euros en moyenne). "La sensibilité au prix sera cette année plus forte que jamais", note M. Rimboeuf. Les achats en promotion seront encore une fois plébiscités (82% des Français), mais un peu moins que l'an dernier (90%).

Comme en 2012, 78% des sondés vont préparer minutieusement leur budget, souhaitant éviter les achats d'impulsion déraisonnables.

Pourtant "l'augmentation de ces comportements est moins importante que l'année dernière, les Français arrivant peut-être au bout de leurs marges de manœuvres" en terme de stratégies pour réaliser toujours plus d'économies, indique M. Rimboeuf.

Des enfants sur un manège de Noël le 16 décembre 2012 aux Champs Elysées à Paris [Jacques Demarthon / AFP/Archives]
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Des enfants sur un manège de Noël le 16 décembre 2012 aux Champs Elysées à Paris
 

En conséquence, ils se tournent toujours plus vers internet, qui leur permet de comparer les prix et de trouver de nouvelles offres avantageuses chez certains pure-players (commerces exclusivement en ligne).

Désormais, 38% des dépenses de Noël seront ainsi effectuées sur la Toile, soit une progression de 5 points par rapport à l'an dernier. Les magasins restent toutefois toujours le lieu d'achat privilégié pour 64% des Français.

Enfin, toujours dans un souci de rationalisation, les Français semblent cette année vouloir davantage anticiper leurs achats de Noël. Contrairement à 2012, où ils avaient bien souvent attendu le dernier moment pour effectuer leurs achats, 47% des emplettes de Noël devraient être réalisées cette année avant fin novembre, contre 40% l'an dernier.

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