Les "gratuivores" adorent consommer sans payer

Il est possible de se faire coiffer gratuitement, pour aider les apprentis à se former. (Photo d'illustration)[DENIS CHARLET / AFP]

Pourquoi dépenser plus quand on peut… ne rien dépenser. Des occasions, il y en a d’ailleurs à la pelle, à tel point que certains consommateurs, les "gratuivores", en ont fait une véritable manière de vivre.

 

L’accès à l’information, grâce notamment à Internet, est ainsi aujourd’hui devenu quasiment un droit. Pour la gratuité des biens, si l’on cherche un peu, elle n’est non plus jamais bien loin.

 

Des marchés 100 % gratuits

Au pays du gratuit, on cherche d’abord de quoi se nourrir. Sept millions de tonnes d’aliments sont jetées chaque année en France, d’après les autorités, à raison de 20 kg jetés en moyenne par an et par habitant.

Un gaspillage non définitif, puisque certains n’hésitent pas à se servir directement dans les poubelles des boulangeries ou des supermarchés pour trouver de quoi manger. C’est le cas des Gars-Pilleurs, à Lyon, qui «dénoncent le gaspillage alimentaire» et redistribuent leurs trouvailles. «On y retrouve la notion de réseau, estime Vincent Grégoire, chasseur de tendances pour le cabinet NellyRodi. Prendre des ingrédients dans une poubelle pour faire un repas collectif, ce n’est pas tant pour manger gratuitement que pour le challenge, la possibilité de partager et de trouver une autre forme de richesse.»

Puis vient la question de l’ameublement gratuit. Grâce à Internet, il est très facile de faire son choix ; téléviseurs, lits ou bureaux sont dénichés sur les sites «recycleurs» comme toutdonner.com ou donnons.org. Et ques­tions vêtements, les fashionistas n’hésitent pas à s’échanger leurs «frin­gues» lors de brunchs d’un nouveau genre.

Un autre concept venu d’Argentine séduit également de plus en plus de Français : la «gratiféria». Un marché gratuit où chacun amène ce qu’il veut, même rien, et prend ce qu’il veut. «Les participants sont libérés de ne pas à avoir à sortir de porte-monnaie, à donner absolument une valeur aux objets», témoigne Isabelle. La dizaine de gratiférias qu’elle a organisées, en Charente avec des proches lors de l’année écoulée, ont drainé des milliers de personnes. Pour elle, il n’est pas question de «changer de mode de vie, mais de réfléchir à une autre façon de consommer».

Une réflexion que se font sans doute les «couchsurfeurs», qui dorment à l’étranger chez l’habitant, sans frais. Un moyen de s’approprier une autre culture ou de faire parler ses talents de cuisinier tricolore…

 

Une alternative à l’hyperconsommation

Des opportunités existent enfin directement auprès des professionnels, à condition de savoir les dénicher. De nombreuses marques proposent ainsi des jeux concours que des chasseurs de bons plans compilent frénétiquement sur des sites dédiés comme zone-concours.com ou argentdubeurre.com.

On peut aussi citer le cas de la coiffure ou du maquillage gratuit, pour aider les apprentis à se former. Autant d’exemples qui prouvent que «les consommateurs en ont assez d’être perçus comme des porte-monnaie sur pattes, et cherchent des moyens de mieux économiser pour mieux dépenser par la suite», juge Vincent Grégoire. L’argent qui n’est pas investi dans un vêtement permettra ainsi de s’offrir, pourquoi pas, un cours de cuisine ou un beau voyage… payant.

 

Un ticket de métro gratuit... moyennant un peu de gymnastique

 

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