Enquête Pisa : la France à la traîne

Un collégien en 2011 à Rennes [Damien Meyer / AFP/Archives] Un collégien en 2011 à Rennes [Damien Meyer / AFP/Archives]

L'OCDE publie ce mardi les résultats de l'enquête internationale Pisa sur les performances des élèves de 15 ans en 2012, des conclusions très attendues par les gouvernements pour mesurer l'efficacité de leur système éducatif et éclairer leurs choix.

Fin octobre, le ministre de l'Education nationale Vincent Peillon avait affirmé que l'enquête Pisa révèlerait que les "écarts" en France entre les élèves qui réussissent et ceux qui sont en grande difficulté s'étaient "accrus dans des proportions qui sont inacceptables".

Il avait appelé de ses voeux "une vraie réforme de l'éducation prioritaire", qui concerne environ 20% des élèves, le plus en difficulté. "Ca suppose donc une action spécifique", avait-il dit, évoquant "un enjeu de cohésion sociale" et de "réussite éducative pour tout le pays considérable".

Le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (Pisa) repose sur une enquête réalisée tous les trois ans depuis 2000 sur la lecture, les mathématiques et les sciences, avec un sujet privilégié à chaque fois. En 2012, c'était le calcul, comme en 2003, ce qui rend possible une comparaison.

Un professeur face à ses élèves en septembre 2011 dans un collège de Rennes [Damien Meyer / AFP/Archives]
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Un professeur face à ses élèves en septembre 2011 dans un collège de Rennes
 

En 2009, les élèves français avaient obtenu des résultats dans la moyenne pour les trois compétences étudiées: 21e sur 65 pays analysés en compréhension de l'écrit, 22e en mathématiques et 27e en sciences, loin derrière la tête du classement composée de Shanghaï, Corée du Sud et Finlande.

En 2003, le score global de mathématiques de la France était au-dessus de la moyenne des pays riches membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). C'est en résolution de problèmes, domaine transdisciplinaire évalué uniquement cette année-là, que les jeunes français avaient obtenu leur meilleur score et leur meilleur classement.

Mais les inégalités scolaires se sont accrues durant la décennie 2000.

Point forts et points faibles

Les élèves d'un collège en 2007 à Lyon [Jeff Pachoud / AFP/Archives]
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Les élèves d'un collège en 2007 à Lyon
 

En 2009, en compréhension de l'écrit, le pourcentage d'élèves "très en difficulté" ou "en difficulté" a significativement augmenté en France, et le nombre d'élèves "excellents" a légèrement progressé, ce qui veut dire que "l'écart s'est creusé", rappelle le ministère. "En 2009, on a pris conscience que la France était un pays du +grand écart+ dans les performances des différents acquis".

La France est ainsi un pays moyennement performant mais très inéquitable car l'origine sociale pèse le plus sur le score final des élèves.

La Corée du Sud, la Finlande et le Canada étaient en 2009 des pays à la fois performants et équitables.

Vue extérieure en date du 17 février 2010 d'un collège de Seine-Saint-Denis [Mehdi Fedouach / AFP/Archives]
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Vue extérieure en date du 17 février 2010 d'un collège de Seine-Saint-Denis
 

Pisa ne teste pas les programmes scolaires mais l’aptitude des élèves à appliquer les connaissances acquises à l’école aux situations de la vie réelle, et à analyser, raisonner et communiquer de manière efficace.

L'OCDE analyse également l'origine socio-économique à partir de questions sur le statut culturel (niveau d'éducation, diplôme...) et l'activité professionnelle des parents, le nombre de livres de littérature classique à la maison, d'oeuvres d'art, possession d'une chambre individuelle, d'un bureau, d'un ordinateur.

La direction des statistiques du ministère relève que Pisa permet "une véritable réflexion" sur le système éducatif, en révélant des "points forts" et des "points faibles" des élèves, et en suscitant "un questionnement sur nos pratiques d'enseignement".

Une classe du collège catholique Jean Bosco le 20 décembre 2007 à Rambouillet [Pierre Verdy / AFP/Archives]
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Une classe du collège catholique Jean Bosco le 20 décembre 2007 à Rambouillet
 

Les résultats de 2000, sur la compréhension de l'écrit, ont ainsi montré la difficulté des élèves à rédiger des réponses longues, ou encore à donner leur opinion lorsqu'elle leur est demandée.

En revanche, les élèves ont su "prélever" les informations et les "interpréter".

Pisa a permis en outre de s'interroger sur le redoublement, très pratiqué en France et que François Hollande souhaite réduire. "Les pays qui pratiquent le passage automatique affichent, globalement, de meilleurs résultats que les pays qui ont recours au redoublement", note le ministère. En 2012, l'enquête a porté sur 65 pays, dont les membres de l'OCDE et des pays ou territoires émergents de plus en plus nombreux de l'Asie du Sud-Est (Taïwan, Singapour, Shanghaï...).

 

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