Forte manifestation pour la famille

Partisans de "La manif pour Tous" venus défendre une vision traditionnelle de la famille, le 2 février 2014 à Paris [Eric Feferberg / AFP]

Huit mois après le vote de la loi autorisant le mariage gay, ses opposants étaient à nouveau mobilisés en nombre hier à Paris et à Lyon.

 

Les partisans de la Manif pour tous, opposés au mariage pour les personnes de même sexe en vigueur depuis mai 2013, ont de nouveau battu le pavé hier après-midi à Paris et à Lyon.

Ils ont revendiqué plus de 500 000 manifestants dans la capitale (80 000 selon la préfecture) et 40 000 dans les rues de la cité rhodanienne (20 000 selon la police).

Familles avec poussettes et jeunes filles vêtues en Marianne venues de toute la France, prêtres et élus de droite, chrétiens, musulmans… les cortèges hétéroclites ont défilé au rythme des «Hollande, ta loi on n’en veut pas !».

 

Contre la PMA et la GPA

Plus d’un an après les premières mobilisations contre le mariage homosexuel, les militants avaient élargi leurs revendications. Et entendaient, cette fois, défendre leur vision traditionnelle de la famille tout en dénonçant les politiques menées par le gouvernement.

Rappelant leur opposition au mariage gay, ils ont ainsi réaffirmé leur rejet de la Procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples de femmes et de la Gestation pour autrui (GPA).

IDE

Si aucune de ces deux mesures ne figure dans le projet de loi famille porté par la ministre Dominique Bertinotti, qui doit être présenté en avril prochain, l’enjeu était d’«avertir le gouvernement le plus tôt possible», a expliqué Ludovine de la Rochère, présidente de la Manif pour tous.

Le collectif s’insurge également contre l’ABCD de l’égalité, mis en place dans dix académies volontaires pour les classes allant de la grande section de maternelle au CM2.

Si ce dispositif pédagogique a pour but de lutter contre les inégalités entre les filles et les garçons en questionnant les préjugés sexistes, il est jugé «familiphobe» par ses pourfendeurs, qui en réclament le retrait immédiat.

Une revendication encore attisée par la rumeur, qui court depuis la semaine dernière, de l’enseignement d’une supposée «théorie du genre» à l’école.

 

Des manifestations dans le calme

Ce défilé, le troisième en trois semaines, était placé sous haute surveillance. Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, avait en effet prévenu samedi qu’il ne tolèrerait «aucun débordement» de la part des manifestants, alors que le mouvement anti-gouvernement «Jour de colère», le week-end précédent, avait entraîné le placement en garde à vue de 226 personnes à la suite d’échauffourées avec les forces de l’ordre.

Hier, quelque 2 500 policiers et un hélicoptère ont été mobilisés pour assurer la bonne marche de la manifestation. A l’exception de l’interpellation d’une douzaine de militants du GUD, mouvement étudiant d’extrême droite, qui s’apprêtaient à rejoindre le cortège parisien, aucun incident n’a été à déplorer.

Satisfaite de cette «vague rose et bleue», la Manif pour tous s’apprête désormais, le 8 mars prochain, à présenter une loi-cadre sur la famille, «alternative» au projet de loi du gouvernement. 

 

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