Mory Ducros: les "2.210" salariés repris "exhortent" les syndicats à signer

Des employés de Mory-Ducros le 15 janvier 2014 à l'entrée du site de Lesquin [Philippe Huguen / AFP/Archives] Des employés de Mory-Ducros le 15 janvier 2014 à l'entrée du site de Lesquin [Philippe Huguen / AFP/Archives]

Un collectif des "2.210" salariés du transporteur Mory Ducros dont les emplois sont potentiellement préservés dans le cadre d'une reprise par Arcole Industries a "exhorté" lundi les syndicats à signer l'accord "permettant au tribunal de commerce de Pontoise de statuer" sur l'offre de reprise.

"La sauvegarde de 2.210 emplois et plusieurs milliers de sous-traitants ne peut pas être mise en péril", estime ce collectif dans un communiqué.

Le tribunal doit reprendre mardi à 14H30 son examen de l'offre de reprise formulée par Arcole, qui prévoit de conserver 2.210 salariés sur les 5.000 que compte le groupe placé en redressement judiciaire le 25 novembre.

Le principal point d'achoppement porte sur la signature d'un accord exigé comme clause suspensive à la reprise par Arcole, et que la CFDT, premier syndicat de l'entreprise, se refuse à signer en l'état.

Des camions de l'entreprise Mory-Ducros à Saint-Laurent-Blangy le 15 janvier 2014 [Philippe Huguen / AFP/Archives]
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Des camions de l'entreprise Mory-Ducros à Saint-Laurent-Blangy le 15 janvier 2014
 

Dans son texte transmis lundi à l'AFP par l'un de ses membres à Orléans, le collectif "des collaborateurs Mory Ducros qui potentiellement pourraient être +sauvés+ (...) exhorte les organisations syndicales à prendre en considération l'avis exprimé dans ce communiqué en signant l'ultime document permettant au tribunal de statuer". "Nous devons être entendus", soulignent les "2.210", tout en indiquant "déplore(r) les licenciements annoncés et la fermeture programmée de certaines agences".

L'avenir du transporteur de colis et de ses 5.000 salariés est en suspens depuis vendredi, le tribunal de commerce de Pontoise ayant différé l'examen de l'offre de reprise en raison des réserves exprimées par la CFDT.

Le syndicat a réaffirmé lundi qu'il ne signerait pas l'accord en l'état. "L'accord ne sera pas signé en ces termes, car il ne laisse aux salariés aucune possibilité d'aller en justice", a déclaré à l'AFP Stéphane Boudaud, au nom des élus CFDT. En outre, a souligné M. Boudaud, "la répartition des enveloppes (indemnitaires, ndlr) n'a pas été définie" dans le cadre de cet accord, a-t-il fait valoir.

Vendredi, l'administrateur judiciaire de Mory-Ducros, Philippe Blériot, avait précisé que le tribunal avait suspendu l'audience, car "il n'a(vait) pas eu toutes les réponses à ses questions et il attend(ait) des compléments".

Fabian Tosolini, responsable de la CFDT-Transports, avait alors souligné que "la CFDT assume sa non-signature", estimant que "la lettre d'intention" approuvée par quatre syndicats sur cinq (CFDT, FO, CFTC et CFE-CGC) jeudi "suffit".

L'offre de reprise formulée par Arcole prévoit de sauvegarder 2.210 emplois et 50 agences sur 85. Elle comprend également une enveloppe de 21 à 30 millions d'euros pour les indemnités supra-légales destinées aux salariés qui vont perdre leur emploi, en plus des indemnités normales de licenciement.

Le groupe a accepté de proroger la validité de son offre jusqu'à mardi soir "pour que le tribunal puisse statuer".

Le dépôt de bilan de Mory Ducros est l'un des plus importants en France depuis celui de Moulinex en 2001. Le transporteur, fruit d'une fusion fin 2012 de deux entreprises en difficulté et aux cultures très différentes, n'a pas résisté à la crise du secteur.

Arnaud Montebourg au milieu des employés de Mory Ducros le 28 janvier 2014 à Limeil-Brevannes [Thomas Samson / AFP/Archives]
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Arnaud Montebourg au milieu des employés de Mory Ducros le 28 janvier 2014 à Limeil-Brevannes
 

Sous l'égide du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, des négociations marathon ont eu lieu durant plusieurs jours, afin d'assurer la survie du numéro 2 de la messagerie française.

Si l'offre de reprise d'Arcole est acceptée par le tribunal, l'entreprise sera dirigée par Jean-Louis Demeulenaere, ancien directeur général délégué de Geodis.

L'Etat a en effet conditionné l'accord d'un prêt de 17 millions d'euros au changement du management du transporteur.

 

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