A Marseille, Gaudin serein ?

-Le maire sortant Jean-Claude Gaudin lors d'une visite le 28 mars 2014 dans le quartier de Noailles à Marseille  [Bertrang Langlois  / AFP/Archives] -Le maire sortant Jean-Claude Gaudin lors d'une visite le 28 mars 2014 dans le quartier de Noailles à Marseille [Bertrang Langlois / AFP/Archives]

Seuls une gauche ressuscitée et un réveil des abstentionnistes pourraient priver dimanche d'un quatrième mandat de maire de Marseille Jean-Claude Gaudin, fidèle dans l'entre-deux tours à sa réputation d'expert en manoeuvres politiques.

La première manche a viré au cauchemar pour le candidat socialiste Patrick Mennucci, qui s'était pourtant échiné à rassembler sur ses listes une partie des Verts et du Modem dans l'idée de ratisser large: avec seulement 20,71% des voix, le député arrive pourtant nettement derrière le Front national (23,16%) et la liste Gaudin (37,64%). Un score qui a largement déjoué les prévisions des instituts de sondage.

Surtout, la gauche qui tenait avant le scrutin quatre des huit secteurs de la 2e ville de France (860.000 habitants) et ambitionnait d'en conquérir un autre pour en finir avec 19 ans de magistrature de Jean-Claude Gaudin, se retrouve en grand danger sur ses propres terres. Maire du 1er secteur (1e et 7e arrondissement, entre centre-ville populaire et quartiers chics), Patrick Mennucci est ainsi acculé, avec 26,8% des suffrages contre 38,60% à l'UMP Dominique Tian.

 

- L'abstention au sommet -

 

Résultats et secteur élu au 1er tour à Marseille, candidats au 2e tour, secteurs et conseil sortants [L. Saubadu/P. Defosseux, - / AFP]
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Résultats et secteur élu au 1er tour à Marseille, candidats au 2e tour, secteurs et conseil sortants
 

Dans les quartiers nord, ancien bastion communiste, l'emblématique sénatrice-maire du 8e secteur, Samia Ghali, élue dès le premier tour en 2008, est contrainte au ballotage (31,71%), sous la menace directe du FN (27,59%). "Finaliste" des primaires face à M. Mennucci, Mme Ghali n'en demeure pas moins la seule tête de liste PS en tête dans un secteur. Dans les 13e et 14e arrondissements, également populaires, le sortant Garo Hovsepian, doit, lui, subir la loi du chef de file FN Stéphane Ravier (32,88%), contre lequel il a décidé de se maintenir au second tour, malgré les appels au désistement du candidat de droite Richard Miron, arrivé 2e.

C'est dans ces deux secteurs que l'abstention a tutoyé les sommets (53,5% dans le 8e, 50,72% dans le 7e, contre 46,4% au total sur la ville et 36,45% sur la France entière), nourrissant l'espoir d'un rebond au PS. "Il faut faire front au Front national, M. Miron n'est pas le front républicain. Quand on fait le total des voix de gauche, du PS et du Front de gauche, on est au-dessus de ses voix. Et le rassemblement existe!", a lancé vendredi M. Hovsepian.

Patrick Mennucci lors d'une visite le 28 mars 2014 dans le quartier  Noailles à Marseille  [Boris Horvat  / AFP/Archives]
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Patrick Mennucci lors d'une visite le 28 mars 2014 dans le quartier Noailles à Marseille
 

"Nous serons la surprise de dimanche!", s'est même enflammé M. Mennucci lors de son dernier meeting jeudi soir, réservant l'essentiel de ses attaques à l'ancien patron du PS départemental Jean-Noël Guérini, accusé d'avoir organisé une "alliance scélérate" dans le 2e secteur, traditionnellement à gauche.

La liste Gaudin y a en effet fusionné avec celle de la maire sortante Lisette Narducci (PRG), une proche de M. Guérini, pour faire barrage à la liste PS, au grand dam de la tête de liste PS dans ce secteur Eugène Caselli: "les électeurs de gauche sont écoeurés de cette trahison, je compte sur un sursaut démocratique!".

Le "cas Guérini" aura donc pollué jusqu'au bout la campagne socialiste. Dès avant les primaires, M. Mennucci et la ministre Marie-Arlette Carlotti réclamaient l'exclusion du PS du sénateur, mis en examen trois fois, notamment pour association de malfaiteurs dans des dossiers de marchés publics présumés frauduleux du département. Vendredi, M. Mennucci a même menacé de suspendre son adhésion au PS si cette exclusion n'était pas prononcée dans les toutes prochaines semaines. Le FN a dénoncé lui aussi "le système gaudino-guériniste".

Jean-Claude Gaudin et Lisette Narducci lors d'une conférence de presse le 25 mars 2014 à Marseille [Anne-Christine Poujoulat / AFP]
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Jean-Claude Gaudin et Lisette Narducci lors d'une conférence de presse le 25 mars 2014 à Marseille
 

Parallèlement à cette spectaculaire alliance dans le 2e secteur, qui a cependant fait grincer les dents de certains militants, M. Gaudin en a conclu une autre. Dans le 6e secteur, il a persuadé le maire sortant Robert Assante, un dissident de l'UMP (qui a recueilli 13,40%) de fusionner sa liste avec celle de l'UMP, arrivé en tête avec 35,41%, tout en lui promettant de rester maire (comme à Mme Narducci). Là aussi, certains fidèles de M. Gaudin ont mal digéré. Mais la fin justifie les moyens pour le sénateur-maire, âgé de 74 ans, dont la majorité actuelle ne tient qu'à une voix: "il nous faut la majorité absolue, on ne gouverne pas en majorité relative".

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