Les départs de juifs de France vers Israël s'accélèrent

Une vue de Jérusalem. Une vue de Jérusalem.[CC/Wikicommons]

C’est un mouvement discret qui prend peu à peu de l’ampleur. Les juifs de France sont de plus en plus nombreux, mois après mois, à quitter l’Hexagone pour rejoindre Israël.

 

Ils étaient ainsi 1 907 à sauter le pas en 2012, puis 3 288 en 2013, et, de janvier à mars de cette année, 1 407, soit près de quatre fois plus que durant la même période l’année dernière. Par comparaison, ces migrants étaient à peine plus d’un millier par an lors des dernières décennies. 

Ce constat a été récemment établi par l’Agence juive pour Israël, organisme chargé d’assister les volontaires à réaliser cette installation en terre israélienne, baptisée Alyah («Ascension» en hébreu), à travers une aide administrative, un soutien financier ou encore un apprentissage de l’hébreu. J

eunes célibataires, familles en construction ou personnes retraités, tous les profils sont aujourd’hui attirés par une nouvelle vie à Tel-Aviv, Netanya ou Jérusalem.

 

Un "climat" qui dérange

Plusieurs raisons sont à l’origine de cette vague de départ. Ariel Kandel, directeur de l’Agence juive, pointe notamment du doigt le "climat antisémite" qui règne actuellement en France pour la communauté juive, estimée à environ 500 000 membres.

La déferlante de propos scandaleux provoquée en 2012 sur Twitter par le hashtag #UnBonJuif, les polémiques nées du geste de la "quenelle" ou, très récemment, l’agression de deux jeunes juifs à proximité d'une synagogue de Créteil, en sont les tristes illustrations.

Roger Cukierman, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), s’est récemment alarmé d’une "libération de la parole raciste et antisémite" dans le pays. Et de constater : "Les juifs vivent en France depuis 2 000 ans et en ont marre d’être des cibles". 

 

Les difficultés économiques de la France

Mais cette dérive n’est pas seule à l’origine de l’Alyah. Ariel Kandel évoque aussi les difficultés économiques que connaît actuellement la France, entre chômage de masse et croissance au point mort.

Israël, la "nation start-up", est ainsi perçue comme une terre où tout est possible. Une autre raison de ces départs, enfin, vient du lien très fort qui unit les deux nations l’une envers l’autre, selon Ariel Kandel.

Reste que si pour Israël, ces départs sont positifs, ils représentent davantage un danger pour la France, souligne le directeur de l’Agence juive. Car l’Hexagone perd ainsi "une culture riche" et l’"une de ses forces vives".

 

Et ailleurs ?

Aux Etats-Unis. En 2013, 2 852 juifs vivant aux Etats-Unis ont fait leur alyah, contre 3 070 en 2012. La communauté juive américaine est la plus grande installée hors d’Israël. Elle compte entre 6 et 7 millions de personnes. 

Au Royaume-Uni. Le pays, où la communauté juive est estimée à 300 000 personnes, a connu 524 départs l’an dernier. Une baisse par rapport à 2012 (698).

En Belgique. Le royaume, théâtre samedi de la fusillade meurtrière au Musée juif de Bruxelles, compte environ 40 000 juifs. Parmi eux, 259 ont émigré vers Israël en 2013, contre 162 en 2012.

 

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