Quatre jeunes jugés pour le bizutage d'un camarade à Dauphine

Vue extérieure de l'université Paris-Dauphine, en 2008 [Jacques Demarthon / AFP/Archives] Vue extérieure de l'université Paris-Dauphine, en 2008 [Jacques Demarthon / AFP/Archives]

Quatre jeunes hommes doivent comparaître lundi devant le tribunal correctionnel de Paris pour avoir gravé des lettres de sang avec une capsule de bière sur le dos d'un camarade lors d'un bizutage en 2011 à l'université Paris-Dauphine

L'audience pourrait toutefois tourner court si le tribunal fait droit aux arguments de la défense de l'un des prévenus, qui soulèvera une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) sur l'article du code pénal réprimant le bizutage.

Les quatre prévenus, âgés d'une vingtaine d'années, sont également poursuivis pour violences volontaires aggravées.

Lors d'un "entretien", sorte de rite initiatique sur fond d'alcool pour intégrer la Jeune association pour la promotion des activités à Dauphine (Japad) le 25 octobre 2011, l'un des participants avait gravé avec une capsule de bière les initiales de cette association étudiante en lettres de sang sur le dos de la victime, qui avait par ailleurs reçu des coups de pied dans les côtes.

Dans le local de l'association, il lui avait été demandé d'ôter sa chemise, de baisser son pantalon et de se mettre à genoux, attaché avec un manche à balai les mains derrière les épaules. Il lui avait aussi été passée une corde autour du cou.

De son propre chef, espérant ainsi faciliter son intégration dans l'association, le jeune homme alors âgé de 18 ans s'était préalablement inscrit "Japad" sur le torse et, sur le dos, le nom d'une autre association avec une flèche vers les fesses.

Peu habitué à boire de l'alcool, il avait été malade à plusieurs reprises. Il avait déposé plainte le lendemain.

- 'Petit entretien de recrutement' -

Selon son avocat, Me Benoît Dietsch, son client a à la fois hâte que cette affaire soit derrière lui mais juge "important d'aller jusqu'au bout".

L'impact psychologique s'est apaisé avec le temps, et les lettres de sang sur son dos ont cicatrisé sans laisser de trace après quelques semaines.

A la suite de cette affaire, l'un des étudiants impliqués a été exclu définitivement de l'établissement, les trois autres temporairement, pour trois ou quatre ans.

Ils veulent "oublier tout ça", selon l'avocat de l'un d'eux, Me Loïc Dusseau, pour qui il ne s'agit en aucun cas d'un dossier emblématique. Les faits ne correspondent pas à la définition d'un bizutage, où "tous les étudiants se font un peu secouer", dit-il.

Pour l'avocat, il ne s'agit que d'un "petit entretien de recrutement", "ça se fait comme ça depuis 30 ans" et jusqu'alors, "personne ne s'est plaint".

Les prévenus "veulent oublier tout ça", selon Me Dusseau.

Me Benoît Chabert, conseil d'un autre des prévenus, assure quant à lui que son client est "désolé", mais n'a pas porté le moindre coup contre la victime.

L'université s'est constituée partie civile.

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