Crédit Agricole touché par les ennuis de Banco Espirito Santo

Logo de Crédit Agricole [Jacques Demarthon / AFP] Logo de Crédit Agricole [Jacques Demarthon / AFP]

Crédit Agricole SA a vu son bénéfice net fondre à 17 millions d'euros au deuxième trimestre, contre 696 millions d'euros un an plus tôt, à cause de sa participation dans la banque portugaise en difficulté BES.

Les déboires de Banco Espirito Santo (BES) ont conduit Crédit Agricole à ramener la valeur de sa participation de 14,6% dans la banque portugaise à zéro, ainsi qu'à assumer une partie de la perte trimestrielle record (3,57 milliards) essuyée par BES.

Au total, l'impact de ces deux facteurs s'élève à 708 millions d'euros: 502 millions d'euros au titre des pertes et 206 millions d'euros au titre de la dépréciation de la valeur de la participation.

Au niveau du groupe Crédit Agricole, qui intègre la totalité du résultat des caisses régionales, le bénéfice net est en baisse de 49% ce trimestre, à 705 millions d'euros.

Hors éléments exceptionnels, à savoir la charge liée à BES et des éléments comptables, Crédit Agricole aurait dégagé un bénéfice de 1,69 milliard d'euros et sa structure cotée CASA un bénéfice de 1 milliard d'euros.

Le directeur général de Crédit Agricole SA, Jean-Paul Chifflet, le 20 février 2013 à Montrouge, en banlieue parisienne [Jacques Demarthon / AFP/Archives]
Photo
ci-dessus
Le directeur général de Crédit Agricole SA, Jean-Paul Chifflet, le 20 février 2013 à Montrouge, en banlieue parisienne

BES a dû être sauvée de la faillite ce week-end par l'Etat portugais, après avoir été mise en grande difficulté par les déboires de son actionnaire principal, la famille Espirito Santo.

La Banque du Portugal a décidé de transformer la partie saine de BES en une nouvelle banque financée par un prêt de l'Etat portugais, tandis que les actifs toxiques sont laissés entre les mains de ses actionnaires.

"Il va de soi que nous soutenons l'action qui est aujourd'hui celle de la Banque du Portugal. Comme elle nous ne pouvons que déplorer d'avoir été trompés par une famille avec laquelle le Crédit Agricole avait essayé de créer un vrai partenariat pour construire la première banque privée du Portugal", a regretté le directeur général de CASA, Jean-Paul Chifflet, lors d'une conférence téléphonique.

"Nous en tirerons toutes les conséquences, notamment dans le cadre des actions qui sont ou seront ouvertes par le nouveau management du BES, qui a fait savoir qu'il étudiait l'engagement de poursuites. Nous nous y associerons et prendrons les dispositions utiles à la défense de nos intérêts", a-t-il poursuivi.

Le groupe n'exclut pas d'aller seul en justice quand les résultats des enquêtes en cours seront connus.

Partenaire de la famille Espirito Santo depuis le milieu des années 1980, puis entré au capital de la banque BES en 1990, le groupe s'est désengagé à partir de 2012 dans le cadre du recentrage de ses actifs.

A fin 2013, après une première dépréciation de 267 millions d'euros, ses parts dans la banque portugaise étaient valorisées à 816 millions d'euros.

Mais entre-temps, l'augmentation de capital de BES au printemps a entraîné une dilution de la participation de la banque française et lui a permis de limiter les dégâts.

M. Chifflet a notamment assuré que la situation de BES n'avait pas d'impact sur le ratio de solvabilité de CASA et un impact limité à 7 points de base (0,07 point de pourcentage) sur le ratio du groupe.

Vous aimerez aussi

Banque Placements verts : l’épargne en mode écolo
intelligence artificielle Bruno : quand une IA réinvente l'épargne
Banque Les ménages aux budget serré épaulés par les banques

Ailleurs sur le web

Derniers articles