Sapin attend une croissance deux fois plus faible que prévu cette année, selon le Canard Enchaîné

Le ministre des Finances Michel Sapin à Rome le 31 juillet 2014 [Alberto Pizzoli / AFP/Archives] Le ministre des Finances Michel Sapin à Rome le 31 juillet 2014 [Alberto Pizzoli / AFP/Archives]

Le ministre des Finances Michel Sapin a dit au reste du gouvernement que la croissance française cette année devrait s'établir autour de 0,5%, au lieu de 1% comme espéré au départ, selon le Canard enchaîné à paraître mercredi.

"Si l'on est au-dessus de 0,5% de croissance à la fin de l'année, ce sera déjà bien", a dit le ministre lors du séminaire ayant réuni le gouvernement vendredi dernier, selon l'hebdomadaire.

"0,5% de croissance, c'est certes mieux que ce que l'on a connu, mais moins bien que ce que l'on pouvait espérer", a-t-il ajouté selon la même source.

Le ministère des Finances, contacté par l'AFP, n'était pas immédiatement en mesure de commenter l'information.

La prévision officielle du gouvernement, à la différence de celle des économistes et des organisations internationales, est de 1%. Le gouvernement avait maintenu ce chiffre le 24 juin alors que l'Insee venait d'abaisser sa propre prévision, à 0,7%.

Lundi l'agence de notation Moody's a abaissé sa prévision à 0,6%.

Le gouvernement français a toutefois préparé les esprits à une mauvaise surprise avant de partir en vacances, le Premier ministre Manuel Valls évoquant ainsi vendredi dernier des conditions économiques "difficiles". M. Sapin avait estimé la veille depuis Rome que "la situation de la croissance en Europe n'était pas à la hauteur des espoirs" et que "la situation en termes d'inflation était préoccupante."

Le chiffre de 1% sert de base au budget. Une croissance plus faible se traduit par des rentrées fiscales moins importantes, des dépenses sociales plus fortes, et, en conséquence, un déficit plus élevé que prévu.

Une autre hypothèse centrale du budget est celle de l'inflation, la hausse pendant douze mois des prix. Là encore, l'inflation actuelle (0,5% au dernier pointage) est éloignée de la prévision gouvernementale (1,2% en moyenne pour l'année), ce qui a aussi un effet sur le budget, en pesant sur les rentrées de TVA notamment.

Toujours selon le Canard enchaîné, Bercy prévoit que le déficit public de la France cette année atteindra 4,3% voire 4,4% du Produit intérieur brut (PIB), au lieu de 3,5%, niveau qui a été promis à la Commission européenne.

Un dépassement en 2014 mettrait en péril l'objectif de 2015, qui est de ramener le déficit français à 3%, ce qui est la limite imposée par les traités européens.

L'Insee, institut national de la statistique, doit publier le 14 août sa première estimation de la croissance française au deuxième trimestre, ce qui donnera une précieuse indication de l'évolution du PIB pour l'année.

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