Fabius refuse l'aide humanitaire russe sans accord de Kiev et de la Croix-Rouge

Le ministre des Affaires étrangères français Laurent Fabius, le 10 août 2014, sur l'aéroport d'Erbil en Irak [Safin Hamed / AFP] Le ministre des Affaires étrangères français Laurent Fabius, le 10 août 2014, sur l'aéroport d'Erbil en Irak [Safin Hamed / AFP]

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius estime que sans accord du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et du gouvernement ukrainien aucun convoi humanitaire russe ne doit entrer dans ce pays, redoutant que ce soit "une couverture" pour Moscou.

Si ces conditions (accord du CICR et de Kiev) ne sont pas réunies, "il ne faut pas les autoriser à passer", a affirmé Laurent Fabius, sur la radio France Info.

"La Russie dit envoyer des camions pour des raisons purement humanitaires mais il y a une règle dans ces opérations, c'est que ce n'est possible qu'avec l'accord du pays dans lequel on envoie cette aide humanitaire et avec l'aide de la Croix-Rouge. Or, cette question n'est pas encore réglée, évidemment", a souligné le ministre français des Affaires étrangères.

Un convoi humanitaire russe de 280 camions était en route mardi vers la frontière ukrainienne, ont annoncé les agences de presse russes, au lendemain d'une annonce du Kremlin sur l'imminence d'une telle aide aux populations de l'est de l'Ukraine. Le CICR n'était pas en mesure de commenter ces informations.

"Il faut être extrêmement prudent parce que ca pourrait être une couverture de la part des Russes pour, au fond, s'installer près de Lugansk et de Donetsk et pratiquer la politique du fait accompli", a déclaré M. Fabius. A la question "Craignez-vous que ce ne soit pas seulement un convoi humanitaire?", le ministre a répondu: "oui, c'est tout le problème".

L'Ukraine a prévenu qu'elle n'accepterait aucune aide humanitaire unilatérale russe au profit des populations de l'Est de l'Ukraine, victimes des combats entre l'armée ukrainienne et les séparatistes prorusses.

Kiev soupçonne Moscou de vouloir, sous couvert d'une telle aide, voler au secours des rebelles, soumis depuis plusieurs semaines à une offensive ukrainienne d'ampleur et contraints de se retrancher dans leurs deux derniers bastions de Donetsk et de Lougansk.

"Il faut qu'en face de la pression des Russes, la Croix-Rouge, qui est une organisation tout à fait respectée et respectable, agisse comme elle veut le faire, avec la communauté internationale", a poursuivi Laurent Fabius.

"Cette opération (la livraison d'aide humanitaire russe) n'est possible, n'est justifiable, qu'à partir du moment (...) où il y n'aura pas de force militaire autour, où il n'y aura pas simplement des Russes mais d'autres", a-t-il souligné.

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