13 chefs d'État avec Hollande pour le débarquement de Provence

Le président français François Hollande salue après une cérémonie d'hommage à Jean Jaurès à Paris le 31 juillet 2014 [Kenzo Tribouillard / AFP/Archives] Le président français François Hollande salue après une cérémonie d'hommage à Jean Jaurès à Paris le 31 juillet 2014 [Kenzo Tribouillard / AFP/Archives]

François Hollande accueille vendredi 13 chefs d’État, en très grande majorité africains, à bord du Charles-de-Gaulle pour les commémorations du 70e anniversaire du Débarquement de Provence, avec en point d'orgue une spectaculaire revue navale et un défilé aérien.

Aux côtés du président de la République et du Premier ministre Manuel Valls prendront notamment place sur le porte-avions nucléaire ses homologues tunisien Moncef Marzouki, camerounais Paul Biya, burkinabé Blaise Compaoré ou gabonais Ali Bongo --au total 12 chefs d'Etats africains et le prince Albert de Monaco-- et les représentants de 15 autres pays.

"En ce 15 août 2014, la France s’honore de recevoir à nouveau en Provence ceux qui l’ont aidée à sortir de plus de 1.800 jours de guerre", se félicite François Hollande dans la présentation des cérémonies diffusée par l'Elysée.

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian décore de la Légion d'honneur Jaber Abdellah, ancien combattant, à l'occasion 70e anniversaire du débarquement de Provence, le 14 août 2014 à Paris [Dominique Faget / AFP]
Photo
ci-dessus
Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian décore de la Légion d'honneur Jaber Abdellah, ancien combattant, à l'occasion 70e anniversaire du débarquement de Provence, le 14 août 2014 à Paris

Mais malgré la présence de ces chefs d'Etat étrangers, et à la différence des commémorations du Débarquement du 6 juin --marquées par une poignée de main très politique entre le maître du Kremlin Vladimir Poutine et le président ukrainien Petro Porochenko-- le rendez-vous provençal sera essentiellement commémoratif.

Et si 19 pays africains seront représentés aux côtés de François Hollande, c'est que "l'Armée B" qui débarque en 1944 en Provence, c'est essentiellement "l'Armée d'Afrique" créée en 1830 lors la conquête de l'Algérie et qui intégra peu à peu des soldats indigènes.

Entamées dès jeudi par des commémorations présidées par le secrétaire d'Etat aux Anciens combattants Kader Arif, les célébrations culmineront en fin de journée vendredi avec une spectaculaire revue navale d'une vingtaine de navires, dont plusieurs bâtiments étrangers, et un défilé aérien, avant un dîner d'Etat à bord du Charles-de-Gaulle.

 

- Réunion de travail à Brégançon -

Dans la matinée, une première cérémonie --strictement nationale-- au mémorial du Mont Faron, inauguré en 1964 par le général de Gaulle sur les hauteurs de Toulon, doit permettre au président français de rendre hommage aux soldats alliés, aux Forces françaises libres, aux résistants et aux civils: "Aux côtés de de tant de pays amis, ce sont aussi les Français eux-mêmes, et en particulier les résistants, qui ont contribué à la victoire par la libération de leur sol", pointe le président.

Entre ces deux séquences, François Hollande retrouvera Manuel Valls pour une "réunion de travail" et un déjeuner au Fort de Brégançon.

En tout, des centaines de milliers de personnes --dont environ 200 anciens combattants français et étrangers invités aux commémorations-- devraient avoir assisté de jeudi à samedi dans le Var à l'une des cérémonies organisées à l'occasion du 70e anniversaire de "l'autre" débarquement.

En 1944, 10 semaines après "Overlord" en Normandie, quelque 850 embarcations au total ont débarqué dès le 15 août sur les plages du Var : 450.000 hommes, parmi lesquels 250.000 Français de l'"Armée B", placée sous les ordres du général de Lattre de Tassigny - pour moitié des tirailleurs sénégalais et algériens, des goumiers et tabors marocains, des pieds-noirs, des marsouins du Pacifique et des Antilles.

Au soir du 15 août, sur 100.000 hommes débarqués, un millier avaient péri, des pertes sans commune mesure avec le bilan effroyable enregistré sur les plages normandes. De manière générale, du reste, l'opération "Dragoon" dans son ensemble connaît "une réussite beaucoup plus rapide que prévu", rappelle l'historien Jean-Marie Guillon. Elle permet la libération de Toulon dès le 27 août, et de Marseille le lendemain.

En outre, elle implique une participation importante aux combats de troupes françaises, alors qu'elle n'était que symbolique le 6 juin. Primordiale sur le plan politique, elle permettra à la France de s'asseoir à la table des vainqueurs.

 

Vous aimerez aussi

Ailleurs sur le web

Derniers articles